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BANGKOK, 29 avr (AFP) - Le chef de l’opposition Sam Rainsy a annoncé vendredi, près de trois mois après avoir fui le Cambodge dans la crainte d’une arrestation, qu’il allait prochainement retourner à Phnom Penh afin de participer le 9 mai aux travaux d’un Conseil sur les affaires frontalières.
"Je rentrerai à temps pour assister à la réunion présidée par l(’ex) roi (Norodom Sihanouk), je serai à la réunion du 9 à Phnom Penh", a déclaré à l’AFP M. Rainsy, contacté par téléphone à Paris où il a passé une partie de son exil volontaire.
Le leader du Parti Sam Rainsy (PSR) avait quitté précipitamment le Cambodge début février après que son immunité parlementaire eut été levée —ainsi que celle de deux autres députés de sa formation— pour qu’il puisse répondre devant la justice d’accusati ! ons de diffamation.
L’un des députés du PSR avait aussi pu fuir le pays, l’autre avait été arrêté.
Il a expliqué que sa décision de rentrer avait été prise "bien avant" l’appel que lui a lancé jeudi le Premier ministre Hun Sen, qui lui a demandé de revenir au Cambodge et l’a assuré qu’il ne serait pas arrêté.
M. Rainsy a dit avoir informé en milieu de semaine Norodom Sihanouk de son prochain retour, après sa nomination comme membre du Conseil supérieur sur les affaires frontalières, une instance nouvellement créée dont l’ex-souverain vient d’accepter la présidence.
"J’ai écrit au roi, je suis très honoré de travailler sous ses instructions. J’assisterai à toutes les réunions qu’il voudra bien convoquer au Cambodge", a dit le chef de l’opposition.
L’ex-roi, qui doit rentrer le 8 mai d’un séjour médical prolongé à Pékin, a convoqué dès le lendemain la première réunion du Conseil de sept membres au sein duq ! uel M. Rainsy sera le seul représentant de l’opposition.
M. Rai nsy ne s’est pas montré inquiet pour sa sécurité à son retour. "Il pourrait y avoir des problèmes par la suite, mais pas à ma descente d’avion", a-t-il dit.
"Je suis conscient des risques, mais les risques sont calculés", a-t-il ajouté. "Il faut que je rentre, car j’ai accepté l’idée d’être membre du Conseil supérieur, il faut être logique".
M. Rainsy a estimé que ces trois mois d’exil, pendant lesquels il a tenté d’obtenir des soutiens de Paris à Washington en passant par Bruxelles et Tokyo, lui avaient permis de "contribuer à ce qu’on s’intéresse au Cambodge, à la lutte contre la corruption, à plus de démocratie."
Jeudi, Hun Sen lui avait tendu la main.
"Personne n’a suffisamment de raisons pour arrêter M. Sam Rainsy", avait déclaré le Premier ministre, "s’il-vous-plaît rentrez au Cambodge pour poursuivre votre travail".
Sam Rainsy fait l’objet de plaintes en diffamation après avoir affirmé que le p ! rince Norodom Ranariddh, président de l’Assemblée nationale, avait accepté des pots-de-vin pour entrer au gouvernement de Hun Sen et avoir allégué que ce dernier avait projeté de l’assassiner.
La levée de l’immunité des trois députés du PSR avait été vivement condamnée par les Etats-Unis tandis que l’Union européenne s’était dite "préoccupée".
CAMBODGE INFO, service d’échange d’information ett d’opinion sur le Cambodge