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Le dauphin de Chine a disparu.

Posté le 18 décembre 2006

La perte de la biodiversité n’est pas une simple vue de l’esprit : c’est une réalité quotidienne qui raye de la planète toutes sortes d’espèces végétales ou animales le plus souvent dans l’ignorance ou l’indifférence la plus totale. Certaines espèces, plus emblématiques, mobilisent plus d’attention et succitent un peu plus d’intérêt, malheureusement souvent trop tard. C’est le cas du dauphin de Chine, encore nommé dauphin de rivière, qu’une expédition scientifique de six semaines sur le fleuve Yangtsé n’a pas permis de retrouver. Alors qu’il en restait plusieurs centaines à la fin des années 70, les aménagements, la pollution, le trafic fluvial, la pêche, ont eu raison de cette espèce et même si quelques exemplaires survivaient encore, il serait trop tard pour la sauver, le dernier spécimen vivant en captivité étant mort, lui en 2002. Une perte irréversible, définitive.

La dégradation, la destruction irresponsable des biotopes menacent gravement toutes les formes de vie, toutes les espèces sur la planète : et l’espèce humaine aurait tort de penser qu’elle-même n’est pas menacée par ses inconséquences coupables.



Forum

  • Vague à l’âme..."le dauphin de Chine a disparu".
    15 mars 2007, <:par_auteur:> Geoffroy
    Voilà... je viens de prendre connaissance de cette nouvelle et la tristesse s’infiltre, non de manière résignée mais avec l’étrange sensation d’un vide supplémentaire. Je ne connais pas cette espèce et n’aurai jamais plus l’occasion d’espérer m’en approcher autrement qu’à travers les livres, si ceux-ci font un jour une place au dauphin de Chine. A l’heure où ces mots apparaissent à l’écran, des milliers de vies s’éteignent, des milliers d’autres regardent la terre pour la première fois, il y a des coeurs qui arrêtent leur course et des rires qui fusent. La vie demeure l’élément le plus fort de cette planète, le plus abouti, quelle qu’en soit la forme ou l’expression. Le "combat" n’est peut-être pas celui qui consiste à lutter contre mais plutôt celui qui consiste à agir pour, celui qui fait du vivant son seul objectif. En ce sens, chacun possède cette marge individuelle pour assurer sa responsabilité, cette marge qui permet de repousser l’ennemi principal...à savoir l’ignorance. Car dès l’instant où je sais, mon comportement ne peut plus être tout à fait le même, soit je passe outre soit je change. Comme nous, les générations futures ne pourront pas voir le dauphin de Chine nager, comme nous, elles ne connaîtront jamais le Dodo de Madagascar, comme nous etc. Pourtant, comme nous elles pourront continuer à favoriser le vivant, comme nous elles pourront apaiser les souffrances et comme nous elles pourront léguer une terre vivante aux générations suivantes. Comme nous aussi, elles pourront rayer les dernières traces sur terre de ce qu’on appelle la vie... Alors je fais un rêve, celui de ne plus assister ignorant à l’extinction d’une part de ce qui fonde le coeur de cette terre. De fait, chaque jour, chaque acte, est responsable et, dussé-je forcer les murs ou les rires, je vis pour entretenir ce qui m’entoure, depuis l’herbe folle jusqu’au nuage qui passe, depuis la coccinelle jusqu’à l’ours polaire, depuis le nourrisson jusqu’au vieillard, il n’est rien qui soit impossible pour le respect de la vie.