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A Madrid, le B.A-BA de la desertification

A Madrid, le B.A-BA de la desertification

Posté le 5 septembre 2007 par Cédric Cabanne (Contacter l'auteur)

Du 3 au 15 septembre 2007, l’Espagne accueille la 8ème conférence des parties à la Convention des Nations Unies pour la Lutte contre la Désertification (UNCDD). Lancée depuis le sommet de la Terre de Rio en 1992, cette Convention constitue avec ses deux soeurs (la Convention pour la Diversité Biologique et la Convention pour la Lutte contre le Changement Climatique) l’un des trois instruments multilatéraux que les Nations Unies développent pour répondre aux enjeux environnementaux majeurs. En son temps, la création de cette Convention avait été voulue par les pays africains, qui souhaitaient répondre concrètement aux processus de dégradation des sols. Depuis sa création, la Convention peine pourtant à définir et remplir des objectifs concrets : la volonté politiques des pays partis a la Convention n’a pas toujours été constante, alors que la médiatisation de la désertification peine a se renouveler. Surtout, les ressources financières allouées à la Convention -environ 5 millions d’euros, n’ont jamais atteint le niveau des ressources développées pour les deux autres conventions.

Deux semaines de discussions suffiront-elles pour donner de la crédibilité a la Convention ?

Il faut être journaliste sportif pour répondre à la question que se posent tous les participants. Les paris sont lances.

A deux pas du Stade Santiago Barnabeu ou le Real Madrid enflamme les aficionados de football, les deux comites qui se réunissent depuis deux jours peinent a lancer les débats et a animer les foules. D’un côté, le "Comite pour l’évaluation de la mise en oeuvre" se dirige tout doucement vers la formulation d’un constat général unanime : depuis sa création, la Convention n’a pas été suffisamment efficace. D’un autre coté, le "Comite scientifique et technique" finalise des vieilles discussions sur les indicateurs d’évaluation de la désertification et la mise en place d’un système d’alerte rapide.

Il était temps !

Pourtant, l’espoir d’aboutir à des objectifs clairs et réalisables est permis.

D’abord, parce que le Secrétaire Général des Nations Unies a nommé en catastrophe (3 jours avant l’ouverture de la conférence des parties !), un nouvel exécutif pour la Convention. Même si la procédure manque de transparence (il ne s’agit pas d’un vote, mais d’une désignation sur recommandation), le message politique est clair : si le siège est attribué a un candidat africain (du Benin), il faut que la Convention prouve désormais son intérêt, en particulier dans un contexte d’augmentation des processus de dégradation des sols.

On peut féliciter également les rares journalistes qui bravent le stade de la cérémonie d’ouverture (en présence de leurs altesses royales des Asturies) et l’aridité des discussions techniques pour interroger, a loisir, les différents délégués et exposants sur le B.A. BA de la désertification..

Qu’est-ce que la désertification ?

La désertification est l’ultime étape d’un processus de dégradation des terres. Favorise par de nombreux facteurs (anthropiques comme l’agriculture et géographiques comme l’érosion éolienne), le phénomène implique une diagnostic rapide. Dans le meilleur des cas, la désertification peut être anticipée et évitée ; dans le pire des cas, le désert doit être endigue et réduit par la restauration d’un couvert végétal.

La restauration d’un couvert végétal n’est pas aisée. ll faut d’abord définir les indicateurs pour évaluer ou anticiper la dégradation des sols. Il faut ensuite prendre le temps de diagnostiquer les causes de la désertification. Enfin, il est essentiel, d’avoir le temps et les moyens de procéder à la restauration du couvert végétal : d’abord la plantation d’une strate herbacée qui après une très longue étape peut recomposer un horizon pedologique, favorable au rétablissement d’un aquifère. Dans cette démarche, il est essentiel d’intégrer les populations humaines qui peuvent avoir quitte définitivement les territoires dégradés.

On le comprend, la lutte contre la désertification vaut bien les 10 années de rodage de la Convention. A Madrid, les délégués ont ainsi l’occasion de distinguer l’évaluation de la lutte contre la désertification. Comme toujours, il est important pour tous de parler le langage de l’action, même si les réalités sont très différentes d’une région a une autre ; d’un pays a un autre. Comme le souligne la représentante de la Chine, il faut également engager une véritablement révolution en posant la question des pratiques agricoles : alors que les paysans connaissent intimement leurs terres et qu’ils ont la capacité de prévenir le phénomène, ils s’inscrivent souvent dans les logiques de production difficiles a reformer.

Alors que les délégués retroussent leurs manches, les journalistes enquêtent sur un phénomène qui, dans les pays de la zone intertropicale et ceux des zones tempérées, ronge nos territoires et nous impose une réponse collective.


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