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CITES : quels liens entre commerce et agriculture ?

CITES : quels liens entre commerce et agriculture ?

Posté le 6 juin 2007 par Cédric Cabanne (Contacter l'auteur)

A la Haye, les especes ont le dernier mot ! Les discussions se poursuivent sur l’elargissement de certains quotas et se lancent sur le maintient d’especes dans les annexes I et II de la Convention.

Les rhinoceros

A la Haye, les Rhinoceros font parler d’eux ! Le mercredi 6 juin, les delegues ont longuement commente le rapport de l’IUCN et de TRAFFIC. Malgre les demandes de quelques Etats, la conclusion qui s’impose est evidente : il faut continuer de les proteger parce que les populations recuperent lentement en Afrique, et demeurent vulnerables en Asie.

Les perroquets

Les perroquets ne sont pas les seuls bavards. Ils provoquent des echanges nourris. A la suite d’une demande d’autorisation d’elevage de 8 especes de perroquets par les Philippines, de nombreuses delegation sont montees au creneau. La demarche est en effet singuliere. les Philippines, a l’origine de cette resolution, ont achete en Malaysie et aupres de Singapour des stocks fondateurs de 8 especes n’existant dans le pays ! L’objectif est simple : il s’agit de developper de l’elevage a des fins commerciales. Les USA ont manifeste leur etonnement ; de meme que le Mexique et la Bolivie qui expriment leur vive preoccupations concernant des especes endemiques. Les pays de l’aire de repartition originelle des perroquets exigent d’etre informes de l’elevage de ces especes afin de controler cles nouvelles pratiques "ex situ". Experts sur ces especes endemiques, ils pourrait ainsi formuler des avis de commercialisation favorables ou non-favorables.

Les baleines

Au sujet des baleines, la houle se leve et secoue l’assemblee. Le Japon propose en effet de comptabiliser les populations de baleines afin de prendre des decisions fondees scientifiquement. Si l’argument est habile, nombreuses sont les delegations qui opposent (Union Europeenne, Australie, Argentine, Bresil, Chili, Costa-Rica, Equateur, Guatemala, Mexique entre autres) une franche hostilite. L’enjeux est politique : autoriser la CITES a entreprendre le recensement des population, c’est remettre en question la competence de la Commission Baleinière Internationale (CBI) qui a laborieusement travaille a l’etablissement d’un moratoire sur lachasse, en vigueur depuis 1987.

Parce que les stocks de cetacees ne se reconstitue pas rapidement (les Baleines bleus ne reprensentent que 1% de ce qu’elle devrait ; il existe seulement 121 baleines grises dans l’Atlantique Nord, la CBI doit se baser sur le moratoire pour developper une nouvelle strategie qui integrerait des elements nouveaux elements comme le bruit, les dechets, le changement climatique et le modification de la chaine alimentaire. Les requins

Les requins ont la dent moins dure que nous l’a laisse croire l’industrie cinematographique. Depuis plusieurs annees, les groupes de travail se multiplient sans pour autant regler les problemes de fond. Le manque de donnes fiables sur les cartilagineux, leur peche accidentelle, la forte demande asiatique d’ailerons (en particulier de Singapour) ont epuise jusau’aux populations europennes. Comme les baleines, les requins se reproduisent tres lentement. Le Japon a raison de d’etonner : comment expliquer que les plans nationaux d’allocation des requins definis par la FAO ne soient pas appliques ? Concernant la CITES, le projet de resolution fait reference a 5 especes de cartilagineux integrees a l’annexe I (interdiction de commercialisation) et une famille de requins integree a l’annexe II (application d’un systeme de quotas de peche et de commercialisation). Un groupe de travail est cree pour etudier la faisabilite de cette approche. Tres fourni, il integre egalement la Commission Europenne.

Les vegetaux sont egalement proteges par la Convention CITES. Les discussions commencent par la Strategie Globale pour la Conservation des plantes. Portee par la Convention sur la Diversite Biologique, cet instrument a pour finalite de proteger les plantes medicinales autrement que par des droits de propriete intellectuelle (DPI). En pratiaue, quand une plante est menacee de disparition (soit par epuisement de la ressource, soit par biopiraterie) elle est integrable aux annexes de la Convention CITES. Pour ce faire, il faut developper de nouveaux indicateurs. Un groupe de travail est cree dans cette optique.

Afin de favoriser le fonctionnement de la Convention, certaines especes peuvent etre retirees des annexes car elles ne sont plus menacees.

C’est le cas de l’Agave arizonica . Hybride de deux especes endemiques localisees au Mexique et aux USA, cette plante se reproduit par clonage vegetatif (elle ne se reproduit pas sexuellement). Dans son cas, le critere qui importe concerne son faible interet commercial.

De meme, pour la Nolina interata , presente dans les memes regions. Cette plante est menacee par les incendies et la conversion des terres en systemes agraires. Selon les rapporteurs, la Nolina n’est pas menacee par le commerce. Certaines cactacees primitifs font egalement les frais de la rationalisation. Considerees comme ornementales, endemiques mais non-commerciaux, ces vegetaux ne seront plus proteges.

A la fin de cette deuxieme journee de discussions, des interrogations emergent.

Concernant les especes animales, il semble que l’Europe jouera un role actif dans le groupe de travail sur les requins. Quelle est la legitimite de l’Union europeenne sur ce dossier, etant donne que la Commission europenne peine a faire appliquer aux Etats membres les plans nationaux developpes par la FAO ?

Au sujet des especes vegetales, la disparition de certaines especes des annexes nous interrogent sur les criteres d’inscription et de maintien aux annexes. Alors que l’Organisation Mondiale du Commerce developpe un chapitre agricole, pourquoi la CITES ne considere-t-elle que la conversion de terres a des fins agricoles constitue une menace pour la biodiversite (comme c’est le cas pour la Nolina interata) ?


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