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Posté le 7 juin 2007 par Cédric Cabanne (Contacter l'auteur)
Quels liens entre la FAO et la Convention CITES ?
La question des liens entre la Convention CITES et l’Organisation pour l’Agriculture et l’Alimentation des Nations Unies (FAO) occupent aussi les délégués.
A l’origine, il existe un décalage entre le mémorandum rédige conjointement par les la FAO et la Convention CITES. Pour mémoire, les "fiançailles" entre les deux organisations n’avaient pas été évidentes. Les "épousailles" se sont récemment assombries quant la CITES n’a pas repris les recommandations formulées par la FAO sur la peche.
Au-delà des frustrations exprimées par le représentant de la FAO et le secrétariat de la Convention CITES, deux enjeux apparaissent.
La FAO ne souhaite pas que la CITES s’implique exagérément sur la pèche. En effet, l’agence onusienne reste jalouse de ses prérogatives sectorielles. Le rythme de dégradation des espèces implique pourtant une coopération plus étroite entre les différentes Accords Multilatéraux sur l’Environnement.
Plus intéressante, la position de certains pays comme le Chili, Saint-Kitts and Nevis, la Norvège ou le Japon exprime une opposition a la constitution d’un groupe de travail sur les requins au motif que la pèche reste un domaine réserve.
Bien sur, les intérêts des pays sont souvent contradictoires : le Chili pratique une pèche intensive. Ce pays a ainsi libéralise l’accès aux ressources halieutiques en accordant des concessions de pêches aux industriels. L’économie de la Norvège est également très dépendante de ce secteur.
Les délégations des pays du Sud rappellent également `a la communauté internationale, la notion du développement. La définition de standards environnementaux plus contraignants, pèse sur l’accès des populations locales aux ressources biologiques. En fait, derrière ces discussions de fond rejaillit la vieille question de la souveraineté sur les ressources biologiques. On se souvient que les discussions entamées au sommet de la Terre de Rio en 1992 avaient opposes les pays du Nord et les pays du Sud. Les pays du Nord souhaitaient conserver un accès direct sur la mega-diversité dont il ne sont les dépositaires !
Et l’environnement ?
Les militants de la cause animale se font particulièrement remarquer aujourd’hui. Auparavant très discrets, ils arrivent en nombre a La Haye. Aujourd’hui, à la faveur de la pause-déjeuner l’IUCN et l’IFAW ont rappelé la situation critique des grands félins d’Asie, en deroulant une affiche immense a l’entree du centre de conference.
Les tigres et autres grands félins d’Asie sont en effet inscrits à l’annexe 1 de la Convention. Alors que le braconnage et le commerce illicites constituent toujours de reelles menaces, certaines parties souhaiteraient assouplir leur regime. En Chine, l’élevage de tigres est présente comme une base pour lever l’interdiction de commerce d’os et de fourrures. Le gouvernement chinois devrait comme le souligne l’ONG TRAFFIC maintenir sa politique d’interdiction du commerce des produits dérives du Tigre. Depuis sa mise en place, les autorités chinoises ont observe une baisse de la demande pour les produits (fourrures, os).
Les grands singes d’Asie restent au centre des préoccupations des militants comme des délégations. Dans les couloirs du centre de conference, des stands ont été installes pour sensibiliser les délégués. Dans la salle, les négociateurs planchent pour éviter leur disparition. La délégation du Cambodge propose une résolution pour transférer les grands singes de l’annexe 2 a l’annexe 1. En 10 ans, la population des grands félins a diminue de 50%. Apprécie comme animal de compagnie, utilise pour l’alimentation ou pour la recherche et le développement, il est impératif de mieux le protéger.