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Posté le 13 juillet 2004 par
Les bouleversements climatiques, la crise de la vache folle, le scandale de l’amiante ou du sang contaminé auront finalement convaincu le président de la république de promouvoir une Chartre de l’environnement, qu’il souhaite adosser à la Constitution française.
Cette reconnaissance implicite - bien que relative" des fondamnetaux et du credo original des verts ne peut que rencontrer leur souscription dans son principe (cet élan chiraquien aurait du, d’ailleurs, se prolonger jusqu’à adosser cette meme Chartre à la Constitution européenne, comme je l’y avais appelé en Janvier 2003).
Las, la formulation, les imperfections et les déficits de cette Chartre de l’environnement -sciemment négociés par les lobbies et la pensée réactionnaire - touchent froidement l’ardeur et l’agrément pour ce qui aurait du etre une avancée constitutionnelle majeure et exemplaire.
Les troupes de l’UMP n’auront donc pas atteint le Rubicon en consacrant la crédibilité et l’efficience de cette Chartre par l’intégration de deux principes : le principe de pollueur-payeur et le principe de précaution.
Le premier est la condition pour mettre toute partie prenante en face de ses responsabilités quant au respect de l’environnement et de la santé des communautés locales ou nationales. Risquer le portefeuille et/ou le tribunal reste, à défaut d’une éducation civique à l’environnement, l’instrument de dissuasion le plus efficace face aux réflexes et attitudes écocides. Il transcrirait également en force de loi - et pour le cas, en force de Constitution - l’adage traditionnel : "Qui casse, paye".
Un principe de pur bon sens, donc, qui fait s’étonner des réticences et des craintes que son application suscite, et qui scandalise par les fardeaux financiers et sanitaires supportés par toute la collectivité du fait de sa non-application ! Car, faillissant devant l’épreuve, les conservateurs ont dénaturé ce principe, en ne gardant dans leurs mains que la peau de chagrin d’un devoir de "contribution à la réparation" ce qui est la moindre des choses ! - qui pose plus de questions qu’il n’en résout sur les proportions et les conditions d’une telle "contribution", et sur les autres parties dès lors assujetties à cette "réparation".
Le principe de précaution est la grande leçon et la clef de ces scandales écologiques qui ont évéillé, par leurs affres et leurs factures, l’esprit de la droite traditionnelle à la dimension environnementale - et ainsi au projet de Chartre de l’environnement.
Las encore ! L’immaturité écologique - ou l’opportunisme - des rangs de droite a biaisé la compréhension, et donc falsifié ce principe avant-gardiste de progrès controlé, en s’affarouchant des épouvantails de frein économique et de paralysie brandis par des caciques déconcertés par ce concept !
(...)
Marie Anne Isler béguin