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Posté le 13 octobre 2005 par Marie Anne Isler Béguin (Contacter l'auteur)
Or, après un examen attentif du projet de directive qui nous a été soumis, de graves manquements sont apparus. Tout d’abord, le projet entendait nullement limiter voire réduire le piégeage des animaux, comme cela aurait pourtant été souhaitable. En effet, force est de constater que cette directive n’était pas prioritairement guidée par des considérations humanistes et altruistes, mais par des impératifs commerciaux : l’harmonisation des normes de piégeages devait avant tout servir à faciliter le commerce international de la fourrure en supprimant les distorsions de concurrence entre les pays exportateurs qui pouvaient résulter des différentes techniques de chasse employées et autorisées en Russie, au Canada, aux Etats-Unis ou en Europe. Les animaux devaient donc voir leur bien-être augmenté, mais ce uniquement avant de mourir...
Autres facteurs aggravants : l’application de ces normes n’aurait pas forcément permis de réduire les souffrances des animaux condamnés à la mort dans les pièges. Outre que l’on peut discuter longuement sur la notion de "souffrances humaines" que la directive entendait garantir, il faut relever que les études sur lesquelles sont basées ces normes apparaissent comme incomplètes et dépassées, et que l’étude et la prise en compte de méthodes de piégeages de substitution n’ont pas été menées à bien. De plus, les pièges à mâchoires n’étaient même pas considérés comme "cruels" par cette directive. D’ailleurs, dans bien des cas, les méthodes de piégeages qui auraient été autorisées par la directive, entraînent aussi la mort de nombreux animaux faisant partie pour certains d’espèces menacées de disparition et qui sont protégées par d’autres directives européennes.
Certes, la directive aurait permis la suppression des méthodes de piégeage les plus cruelles, mais elle n’en demeurait pas moins largement incapable de pouvoir jouer "un rôle crucial dans la protection et la conservation des espèces de faune d’espèces de faune sauvage en assurant un niveau suffisant de protection du bien-être des animaux", conformément à ce qu’elle prétendait. Elle a donc été rejetée par la commission environnement du Parlement européen. La commission environnement a donc appliqué un principe qui semble être devenu l’un des leitmotivs de l’action de M.Barroso : supprimer les projets inutiles et mauvais, et elle demande à ce titre à la Commission de retirer son mauvais projet de directive.