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Coup de poignard inattendu dans le dos de REACH porté par certains socialistes européens

Coup de poignard inattendu dans le dos de REACH porté par certains socialistes européens

Posté le 14 septembre 2005 par

Marie Anne Isler Béguin, eurodéputée Verte/ALE française, a participé au vote sur REACH au sein de la commission Marché intérieur et protection des consommateurs, voici ses commentaires :

"L’industrie est entrée en force au Parlement européen pour détruire le projet REACH. Que des conservateurs et libéraux comme M. Nassauer, rapporteur à la commission IMCO, ne se préoccupent pas de l’environnement et de la santé et favorisent l’industrie, cela n’a rien de surprenant. Mais qu’une députée socialiste française, auparavant favorable à un projet ambitieux, vienne en renfort de l’industrie et entraîne son camp jusqu’à remettre en cause les principes de base de REACH, est incompréhensible.

Le leitmotiv de la directive ne serait plus "pas de données, pas de marché’, mais "pas de données, pas de soucis". Si l’on suit le vote de la commission du Marché intérieur, l’industrie n’aurait qu’à présenter les données en sa possession pour 25 000 des 30 000 substances concernées par REACH. Ce qui reviendrait à récompenser les entreprises qui n’ont pas testé la dangerosité de leurs produits. En outre, même la présentation des données des tests déjà réalisées serait susceptible d’être soumise à des exceptions. Du principe "pollueur payeur", l’on aura désormais le principe du "pollueur-relax". M.Nassauer et consort entendent ainsi remplacer un cadre scientifique et juridique clair par un mini-REACH à la carte, au détriment de la santé des travailleurs et des consommateurs, et au détriment de l’environnement.

La nouvelle Agence européenne des produits chimiques, qui devrait participer à l’évaluation ainsi qu’à la vérification des informations transmises par l’industrie, sera surchargée, alors que dans le même temps, son financement est compromis.

Nous avons toutes les raisons de craindre une manœuvre cynique, qui consisterait à augmenter les tâches de l’Agence, puis à lui refuser les financements nécessaires pour les assumer, ce qui au final la rendrait inopérante.

Il n’y a plus qu’à espérer que les sociaux-démocrates parviennent à ramener leur collègue à la raison ; on ne voudrait pas compter une socialiste française parmi les fossoyeurs d’un projet ambitieux pour la préservation de la santé et de l’environnement comme REACH.


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