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Posté le 17 décembre 2007 par Cédric Cabanne (Contacter l'auteur)
Une extraction difficile présentant impacts et risques importants Champ pétrolier du Kashagan, au milieu de la mer Caspienne, à 80km des côtes du Kazakhstan. L’un des plus grands champs mondiaux hors moyen-orient, dont l’exploitation est sensée fournir aux compagnies pétrolières quelques mois de sursis avant le pic de production annoncé pour très bientôt. Exploitation difficile, à 5000m de profondeur, avec des températures estivales de 40°C et une mer qui se transforme pour partie en banquise par -50°C l’hiver.
10 Million de tonnes de sulfure stockées en plein air. L’exploitation une fois commencée, en produira 4 million par an.
Pour permettre l’exploitation, on est allé jusqu’à construire des îles artificielles au milieu de la mer. Mais le pétrole extrait est trop riche en sulfure, un composé sans danger sous sa forme cristallisée... sauf lorsqu’il est en contact avec les éléments naturels, l’air et l’eau, qui le transforment en gaz mortel et en acide sulfurique. Mais "rassurez-vous", il est stocké... à l’air libre !
Galina Chernova, de l’ONG Kazakhe Globus, nous présente la situation sur le terrain. On parle de "délocalisation" de la ville de Qulsari, 60 000 habitants, de maladies des bronches et de la peau dues à l’inhalation et la baignade dans des eaux qui risquent bientôt de ne plus abriter ni phoques, ni esturgeons et tant pis pour le caviar. On aurait pu penser que Shell, Eni et BP aient voulu protéger cet aliment de base de l’alimentation de leurs dirigeants...
Mais une extraction lucrative... pour certains ! Peu de risques dans le projet pour les pétroliers : les contrats avec le Kazakhstan comportent des marges garanties en cas de retards et d’imprévus ou catastrophes. Et comme pour la majorité des projets d’exploitation dans les pays en développement, les retombées pour les populations locales sont chimiques plus que financières. La majeure partie des populations vit en dessous du seuil de pauvreté, les infrastructures ne servant pas directement l’exploitation sont inexistantes, pendant que les bénéfices alimentent croissance de la capitale et actionnaires mondiaux.
Langue de bois. Le représentant d’ENI que nous avions invité est fidèle à sa photo : fuyant ! Ce qui était un premier contact avec les ONG, après de nombreux refus de les rencontrer, et avec nos députés, s’est soldé par une fuite à peine déguisée, sans avoir apporté de réponse à aucune des questions, malgré un temps de parole conséquent.
Reste que l’Europe, comme nous l’a dit la représentante de la Commission, n’a pas de mandat pour traiter directement les questions énergétiques, prérogatives jalousement conservées par les Etats Membres. Que faire alors pour que les compagnies pétrolières considèrent l’impact de leurs activités sur l’environnement et les populations locales ? Comment les contraindre à plus de rigueur ? Le mieux reste encore de réduire la consommation et de rouler à vélo !