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ITER ou les dangers de la surenchère technologique

ITER ou les dangers de la surenchère technologique

Posté le 29 juin 2005 par Marie Anne Isler Béguin (Contacter l'auteur)

Voilà, c’est officiel et entériné par les six partenaires du projet, avec la satisfaction du Japon qui, en renonçant à héberger le projet, a obtenu des conditions de participation très avantageuses. Ainsi ce fameux ITER sera construit à Cadarache, en France, terre du nucléaire.

Salué comme il se doit par l’ensemble de la classe politique française, à l’exception des Verts qui font hélas une fois de plus cavaliers seuls dans le paysage hexagonal.

Projet pharaonique dont personne ne peut dire s’il fonctionnera un jour et dans quels délais mais dont on sait déjà ce qu’il va coûter au minimum : 10, 7 milliards d’euros, dont 4, 7 milliards (50% du coût de la construction du réacteur ) pour le pays hôte -donc la France. Le rêve de la fusion a un prix qui laisse... rêveur !

Que face à la crise énergétique qui se profile on veuille assurer une ressource inépuisable, on le comprend.Mais cette crise énergétique, essentiellement liée à la fin du pétrole, sera là dans deux, trois, tout au plus quatre décennies, soit bien avant que le projet ITER n’aboutisse. Il a donc urgence à développer ce que l’on connaît, ce qui fonctionne, ce qui est sûr, non polluant, c’est à dire les énergies renouvelables : l’éolien, le solaire, la biomasse, la géothermie... C’est vraiment là qu’il faut mettre les moyens pour perfectionner, développer les techniques, les rendre opérationnelles à l’échelle planétaire et à des coûts très bas par une fabrication à grande échelle. L’urgence est là, pas dans les phantasmes du lobby nucléaire. Car toute cette manne financière qui ira à l’ITER, mobilisant tous les moyens budgétaires, n’ira évidemment pas aux énergies renouvelables, alors que notre pays est largement en retard dans ce domaine.

Mais il ne s’agit pas seulement de la France, mais de l’avenir énergétique de la planète toute entière et de son avenir tout court : réchauffement planétaire, conflits, oppressions, famines, surpopulation, pollutions en tous genres, inégalité Nord-Sud, éradication de la biodiversité...

Tous ces maux ne trouveront pas de réponse dans une course irréaliste à toujours plus de technologie réservée aux pays riches creusant plus que jamais l’écart entre les riches et les pauvres de la planète. Les délires technologiques creusent davantage le fossé. Espérons que nous n’y tomberons pas.


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