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Posté le 21 mars 2005 par Marie Anne Isler Béguin (Contacter l'auteur)
La politique de l’autruche n’est pas la bonne méthode pour stabiliser ce pays.
A l’aide d’un explosif déclenché à distance des extrémistes ont tenté mardi 15 mars 2005 d’assassiner Ibrahim Rugova, le Président du Kosovo. Je me souviens encore avoir invité il y a une quinzaine d’années, avec mon collègue italien Alexander Langer, Ibrahim Rugova à nous rendre visite au sein des institutions européennes. Le Parlement européen, en lui remettant le prix Sakharov, a montré -comme la communauté internationale dans son ensemble-, à quel point il voyait en lui un facteur clef de la stabilité au Kosovo.
L’attentat contre Ibrahim Rugova méritait une réponse ferme des institutions européennes ; Washington l’a fait, mais Bruxelles est restée quasiment muette.
Au moment de l’attentat, Ibrahim Rugova était en route pour rencontrer Javier Solana, le Haut Représentant de l’UE pour la politique extérieure. Comme dans de nombreux autres cas similaires, la question : " à qui profite le crime ? " se pose. La réponse la plus probable pourrait être : soit Belgrade n’est pas loin des suspects, soit cette tentative pourrait provenir des extrémistes albanais, autour de Ramush Haradinaj, Premier ministre démissionnaire pour répondre aux accusations de crimes de guerre par le Tribunal de La Haye.
Une Union européenne déterminée aurait agit de deux manières :
D’une part en convoquant l’ambassadeur de la Serbie et lui demandant d’envoyer un message clair aux autorités de Belgrade.
D’autre part en contactant les autorités américaines qui ont entraîné dans le passé les hommes de R. Haradinaj, et les poussant à utiliser leurs contacts pour calmer le jeu. La poursuite d’un processus de paix respectant tous les protagonistes passera nécessairement par Ibrahim Rugova qui est incontournable. Une attitude négligente de la part de l’Union européenne qui ne ferait pas montre de sa détermination à soutenir Ibrahim Rugova serait irresponsable : cela pourrait mettre le feu aux poudres.