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Posté le 13 juillet 2005 par
Au cours du débat, de nombreux parlementaires ont exprimé leurs plus vives inquiétudes quant à la place accordée par la Commission européenne à la politique environnementale et les risques de voir le réseau Natura 2000 passer à la trappe des intérêts locaux et purement économiques, en cas de seul financement pas les Fonds structurels, comme le propose la Commission.
Visant la Commission Barroso, les parlementaires estiment que, entre les discours sur le développement durable, la protection de l’environnement et la sauvegarde de la biodiversité et les actes concrets, le fossé s’élargit de plus en plus. Ils ont donc adopté à une écrasante majorité (520 voix pour, 52, contre et 15 abstentions) le rapport de Mme Isler Beguin, exigeant une augmentation substantielle des budgets proposés par la Commission pour financer les politiques d’environnement de 2007 à 2013.
Les députés regrettent que la Commission ait négligé le financement des projets Natura 2000 (évalué à 21 milliards d’euros sur sept ans), qu’elle propose d’organiser via les fonds structurels et de développement rural. Ils craignent que cette méthode ne revienne, en fin de compte, à privilégier les priorités économiques au détriment des priorités environnementales et font valoir que les projets environnementaux peuvent aussi avoir un impact économique et social positif. Les députés ont donc augmenté l’enveloppe budgétaire de Life+ pour y intégrer un tiers des budgets nécessaires aux projets de Natura 2000 et ont ainsi porté les 2,190 milliards d’euros proposés par la Commission pour Life+ à 9,540 milliards.
Les parlementaires déplorent en outre que la proposition de la Commission européenne délègue une partie trop importante des responsabilités et de la gestion des fonds aux États membres et demandent explicitement que la Commission reste bien chargée du suivi, de la validation et de l’évaluation de la gestion des fonds déléguée aux autorités nationales et qu’elle fasse rapport au Parlement européen.
Inquiétudes.
Mme Isler Bégin s’est aussi montrée inquiète des propos récents du Président de la Commission, M.Barroso, qui estimait que les politiques de l’environnement coûtaient peut-être trop cher. Ce à quoi elle répond que "plus nous attendrons pour intervenir, plus les interventions coûteront cher". Marie-Noëlle Liennemann (PSE, France) a dit craindre que le financement de Natura 2000 via le fonds de développement rural, par exemple, ne joue au détriment de territoires qui ne sont pas visés par les aides au développement rural. Et elle a appelé la Commission européenne à tenir compte de la grande convergence de vues à cet égard au sein du PE. Anne Laperrouze (ADLE, France) a demandé quant à elle que la sélection des projets continue à se faire au niveau européen "pour en garantir la cohérence". De même, Frédérique Ries (ADLE, Belgique) a estimé que "la Commission ne doit pas se délester de ses responsabilités" et que "l’intégration de l’environnement dans toutes les politiques européennes a ses limites". A suivre la Commission "on s’orienterait vers une politique de l’environnement à la baisse et à la carte", a-t-elle mis en garde.
Satisfaction des ONG.
Le Bureau Européen de l’Environnement (BEE) et BirdLife International ont salué ce vote. Ces organisations jugent capitale l’augmentation de l’enveloppe financière demandée pour financer de manière adéquate le réseau Natura 2000, un programme qui, soulignent-elles, jusqu’ici, "n’a reçu qu’un soutien" minimal. Elles soulignent enfin le message très ferme ainsi adressé par le Parlement à la Présidence britannique et aux Etats membres pour qu’ils respectent leurs engagements en matière d’environnement. Back to Headlines