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Posté le 22 mai 2008 par Cédric Cabanne (Contacter l'auteur)
En ce jour de célébration de la journée mondiale de la biodiversité (22 mai 2008), Les délégués sont nombreux à attendre leur tour pour intervenir sur les sujets du jour. Il est vrai que les sujets abordés sont très complexes a résoudre au point que la communauté internationale peine a parvenir a une conclusion après des années de débat.
La sujet de l’accès et du partage des ressources génétiques peut sembler aride pour ceux d’entre-nous qui n’ont pas l’habitude de compulser la littérature des Nations-Unies. Pourtant, cette expression cache une vieille bataille entre les partisans d’un accès libre (donc gratuit) aux ressources génétiques et ceux qui prônent l’exercice d’une souveraineté sur les ressources (c’est à dire une limitation de cet accès aux nationaux). Ce débat s’est engage en 1992, lors du sommet de la terre de Rio. En général, les pays situés dans la zones tempérée -donc moins riche en plantes, animaux et écosystèmes- souhaitaient pouvoir conserver la possibilité d’envoyer leurs chercheurs, leurs entreprises collecter la diversité biologique ensuite manipulée a des fins commerciales (production de nouvelles variétés agronomiques et molécules pharmaceutiques).
Depuis lors, l’Europe a rapidement change de camp. Grace aux pays du Sud, elle est aussi allée plus loin. A force d’observer les connaissances sur les ressources génétiques ainsi que les savoir-faire développés dans les Pays du sud, les pays européens se sont rallies a une approche souverainiste. Grace aux pays du sud, ils ont également une remise en question de leurs pratiques a partir de la sauvegarde d’espèces allogènes animales et végétales qui étaient en train de disparaitre. De même et afin de réduire la pression de l’agriculture intensive, l’Union défend ses savoirs traductionnels au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce, par le biais des indications géographiques (comme les Appellations d’Origine Contrôlée). Malgré ces progrès, rien n’est encore réglé sur la question de l’accès et du partage des ressources génétiques issues de la biodiversité. En effet, quelques mauvais joueurs demandent encore des contreparties à la mise en place d’une limitation à l’accès aux ressources. D’autre part, dans les pays méga-divers, les représentants de communautés locales s’efforcent de faire avancer la souveraineté plutôt locale que nationale : dans une direction de la reconnaissance des peuples autochtones.
Les aires protégées constituent l’autre grand sujet de discussion. Lors de la dernière conférence des Parties en 2006, la seule avancée avait était le fruit d’un effet d’annonce ! Le Brésil avait en effet annoncé la constitution d’une aire de protection qui intègrerait une partie de sa foret tropical. Depuis d’autres positions de principes ont été formules comme celui de la mise œuvre des zones protégées au service des populations les plus pauvres. Ces positions restent a traduire dans les faits. La réunion intersessionelle de la Convention chargée d’avancer sur la question (février 2008) a produit un texte qui comporte près de … 120 formulations à finaliser ! De fait, la revue de la mise en œuvre nécessaire pour évaluer les progrès en matière de conservation ex situ, n’est pas prête d’aboutir à des résultats. Concrètement, l’objectif de mettre un arrêt a la perte des espèces pour 2010, consacrera très surement l’échec de la communauté internationale !
Les optimistes relèvent cependant que de nombreux progrès ont été réalises. Au Mexique, un programme de travail ambitieux a ainsi réalise en l espace de trois ans avec des fonds publics. Le pays a ainsi étendu ses zones de conservation sur prés de 5 millions d’hectares. Pour ce faire, les autorités fédérales ont associe très étroitement les communautés indigènes. L’Indonésie a mis sous protection 22 millions hectares alors que le Brésil ambitionne de protéger 130 millions d’hectares (c’est à dire 15.2% du territoire) et explique que 100 millions d’hectares sont actuellement engages. Les intervenants soulignent tous les difficultés pour financer la mise en place d’aires protégées et appelle a une mutualisation financière. Beaucoup d’Etats n’on en effet pas les ressources pour réaliser les objectifs internationaux. Ce n’est pas le cas de l’Union Européenne, dont la contribution au débat est un peu noyée dans le flot des 71 interventions. Son ambition de proposer son réseau de protection Natura 2000 comme référence doit être relativisée au regard des ambitions affichées dans certains pays méga-divers. Surtout, le réseau européen Natura 2000 est encore trop souvent remis en question par les aménagements routiers et touristiques.