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Posté le 16 février 2005 par Marie Anne Isler Béguin (Contacter l'auteur)
Ouf, il était temps ! pourrait-on se dire. Sauf, espérons le, s’il n’était déjà trop tard, surtout de la façon avec laquelle on se « hâte lentement » pour lutter contre l’effet de serre. Déjà, depuis les négociations en 1997 à aujourd’hui, huit années se sont écoulées. Certes cela ne peut pas se faire en un jour, mais c’est un peu long lorsqu’il y a urgence. Car urgence il y a, et cela ne peut pas être nié.
D’autant que les premiers pollueurs, les USA, ont au bout du compte refusé de ratifier le Protocole. Déni quelque part rattrapé par la Russie qui a rejoint le camp de signataires après d’âpres marchandages.
On le sait, la mise en œuvre du Protocole ne sera pas chose aisée, d’autant que la prise de conscience est encore balbutiante et la volonté politique hésitante.
Car pour avoir une chance de réussir, il faut une véritable révolution culturelle, tant au niveau des moyens mis en place par les états, qu’en terme d’innovation et d’inventivité des industriels. Et bien sûr avec l’adhésion entière et massive de chaque citoyen pour en accepter les contraintes et changements de comportement. Saurons nous le faire ? L’Union européenne se doit de montrer l’exemple car il en va à terme de la survie de l’humanité.
Mais quid des grands pays émergents comme l’Inde et la Chine ? Ils ne sont pas liés par le Protocole, alors qu’ils connaissent un taux de développement très important et que leurs populations aspirent à un niveau de vie plus élevé. Ils désirent accéder à plus de confort, avec pour certains privilégiés, une envie folle de consommation selon des schémas matérialistes que les pays occidentaux ont su si bien exporter.
Seulement voilà, comment vont- ils pouvoir produire, consommer à notre échelle, sans polluer, sans épuiser les ressources ou tout simplement avec le coût de plus en plus élevé des matières premières (se souvenir de la récente et très forte augmentation du prix l’acier) et de l’énergie ? Comment résoudre la quadrature du cercle ?
Ils seront forcés d’être inventifs, c’est la seule voie. Et la matière grise existe dans ces pays qu’il s’agisse de l’Inde ou de la Chine. Avec pour chacun de ces deux pays, plus d’un milliard d’habitants, ça fait pas mal de têtes pensantes qui trouveront des solutions. Et qui les mettront en application au bout du compte pour le plus grand bienfait de l’humanité.
C’est une perspective optimiste, mais s’ils ne veulent pas être rapidement dépassés, les pays de notre vieille Europe industrielle doivent se lancer à fond dans les nouvelles voies et une nouvelle « culture « de production et de développement soutenable. Mais après tout, tous les espoirs sont permis : tout commence aujourd’hui.