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Posté le 14 mars 2006 par Cédric Cabanne (Contacter l'auteur)
Bien que rarement présent dans le milieu naturel, le mercure est exploité depuis 2 700 ans. Principalement extrait en Europe, le mercure est utilisé pour amalgamer les métaux. Le mercure a également été employé pour ses propriétés biologiques (en traitement de la syphilis, par exemple). Les chercheurs d’or, les dentistes ou les fabricants de miroirs ou les industries du chlore et de la soude l’utilisent encore communément.
Principale productrice et exportatrice, l’Union européenne a récemment pris la mesure de sa toxicité pour l’être humain et les écosystèmes. Ses propriétés bio accumulatives (il s’accumule progressivement dans l’organisme), de même que les dangers associés à son exposition pour le développement cérébral, conduisent la collectivité à s’en prémunir.
6 années après l’élaboration d’une politique de l’eau qui impose à la Commission européenne de présenter ses propositions pour supprimer les substances dangereuses, l’urgence est manifeste.
• La "stratégie communautaire sur le mercure", donnera d’abord un caractère contraignant au projet de suppression et d’interdiction des exportations communautaires.
• De plus, elle favorisera la coordination entre 25 Etats-membres peinant à résoudre individuellement l’équation à trois inconnues : gestion des émissions, collecte et traitement des déchets, développement de produits de substitution.
• En outre, elle donnera corps au projet de diminution de la demande mondiale porté par les Nations Unies et renforcera la mise en œuvre d’un instrument international.
Au-delà de l’aspect règlementaire certaines populations fragiles doivent être protégées. Dans certaines régions ultrapériphériques, l’orpaillage favorise la contamination de la chaine alimentaire. En Guyane, par exemple, les quantités de mercure dans l’eau des fleuves atteignent des niveaux de nature à contaminer les poissons consommés par les populations humaines.
Gageons que le rapport proposé par les membres de la Commission Environnement du Parlement européen amendera sévèrement la proposition de réglementation communautaire. Présenté à la plénière du 13 mars 2006, il devrait favoriser une meilleure prise en compte de la santé publique au sein de l’Europe comme à sa périphérie.