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Les maires américains répondent au vide de leadership de Washington en matière de changement climatique.

Les maires américains répondent au vide de leadership de Washington en matière de changement climatique.

Posté le 8 mai 2006 par MAIB.INFO (Contacter l'auteur)

Reconnaissant que le réchauffement climatique mondial peut rapidement atteindre le point de non-retour et que le monde ne peut attendre que le gouvernement américain se décide d’agir, des centaines de maires de villes américaines ont pris l’engagement de réduire les émissions de gaz à effet de serre. En signant le " U.S. Mayors Climate Protection Agreement", ces maires - représentant quelques 44 millions d’Américains (sur les 290 millions que représente la population américaine) - ont engagé leur villes à rejoindre l’objectif-cible en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre tel que prévu dans le protocole de Kyoto, et ce malgré le refus du gouvernement fédéral de ratifier le traité.

(Traduction en français du texte de l’article "U.S. Mayors respond to Washington leadership vacuum on climate change" publié sur le site Earthpolicy)

Cette révolution politique verte, dont le fer de lance est Greg Nickels, maire de Seattle, Washington, et qui est aussi soutenue par la Conférence US des maires, répond aux préoccupations croissantes du peuple américain. Elle appelle à une réduction de l’émission des gaz à effet de serre de 7 pourcent en-dessous des niveaux de 1990 d’ici 2012. Comme le souligna Peter Clavelle, maire de la ville de Burlington, dans le Vermont :"Nous ne pouvons pas attendre que ce vide de leadership ne se comble."

Depuis le 16 février 2005, date à laquelle le protocole de Kyoto entra en vigueur pour les 141 pays qui l’ont ratifié, 227 villes américaines joignirent l’accord des maires, incluant New York, Los Angeles et Chicago, les trois plus grandes villes du pays. Le Nord-est, la région des Grands Lacs et la Côte Ouest sont particulièrement bien représentés et la liste continue à s’agrandir. (Voir la carte et les données additionnelles sur le site www.earthpolicy.org/Updates/2006/Update53_data.htm.)

Ce groupe inclut en même tant les communautés concernées par les problèmes à l’échelon mondial et celles concernées par les impacts liés au changement climatique qui affectent plus particulièrement leurs foyers. Par exemple, une douzaine de villes côtières de la Floride, risquant une destruction en cas de tempêtes et d’inondations, ont signé l’accord. Le maire Ray Nagin a noté une préoccupation similaire en ajoutant la Nouvelle-Orléans à cet accord, déclarant que "l’augmentation de la température de la Terre, causant des élévations croissantes du niveau de la mer, pourrait mener à une montée de 30.5 centimètres durant les 30 prochaines années et ainsi menacer l’existence de la Nouvelle-Orléans - propos tenu avant l’ouragan Katrina.

Les plans d’action des villes varient en contenu de même qu’en complétude, mais les attentes communes concernent l’augmentation de l’efficacité automobile, l’amélioration des systèmes de transport public, le freinage de l’expansion urbaine et la promotion des moyens de transport comme la marche et le cyclisme. Les plans soulignent l’importance d’une utilisation et d’une production d’électricité plus efficace, avec les sources d’énergie renouvelables jouant un rôle proéminent.

L’engagement de Seattle de réduire les émissions de gaz à effet de serre correspond à une réduction annuelle de 683.000 tonnes, l’équivalent du retrait de 148.000 voitures chaque année. En mai 2006, la commission menée par le maire Green Ribbon a réalisé de nombreuses recommandations sur la manière de réaliser cet objectif. Le modèle pris en considération est le gouvernement municipal, lequel a drastiquement réduit les émissions de carbone de plus de 60 pourcent en-dessous du niveau de 1990. Ce résultat fut accompli en partie en changeant une part des véhicules de l’administration publique en véhicules électrico-hybrides. En réduisant le carburant de la flotte de 7 pourcent entre 1999 et 2005, la ville épargna au moins 300,000$ par an.

Seattle devint la première ville a atteindre le niveau zéro d’émission de gaz à effet de serre en 2005 par la combinaison de méthode de conservation d’énergie, d’utilisation d’énergies renouvelables (principalement l’énergie hydraulique) et les déports pour les émissions restantes. Pour tirer avantage de ce succès, la commission Green Ribbon recommande d’améliorer des énergies utilisées dans le domaine de la construction et demande que les nouvelles habitations soient "energy-efficient".

Seattle, ville aux 400.000 véhicules enregistrés, est le producteur numéro un local de gaz à effet de serre. La commission suggère un nombre de moyens afin de réduire la dépendance automobile : élargir la disponibilité de moyens de "transport public fréquent, fiable et commode", lesquels pourraient être financés en partie par de nouvelles routes à péage régionaux et une nouvelle taxe sur les parkings commerciaux. Encourager le covoiturage également. Ajouter des voies de pistes cyclables, améliorer les trottoirs et les carrefours et développer des "voisinages compacts, verts et urbains", construits pour les gens et non pour les voitures. Avec les données indiquant qu’en moyenne l’habitant de Seattle passe plus d’une semaine par an empêtré dans la circulation, de telles mesures ont l’avantage de renforcer fortement la qualité de vie de ses résidents.

Afin de réduire les émissions de carbone des véhicules sur le marché, la commission est en faveur de la limitation des tuyaux d’échappement et d’un plus grand usage des carburants bios. Réduire les émissions des carburants de camions, trains et bateaux améliore également la qualité d’air locale, entrainant de plus faibles cas d’asthme et de maladies respiratoires.

Les suggestions de dépasser les objectifs de Kyoto incluent d’utiliser des systèmes d’énergie solaire provenant des toitures et également des chauffeaux géothermiques. D’autres innovations de la liste de la commission sont "pay-as-you-drive insurance" afin de décourager la conduite non-nécessaire, et favoriser les véhicules électrico-hybrides pour de courts trajets, fonctionnant donc à l’aide d’électricité, préférablement produit par des sources d’énergie renouvelables.

Parmi les autres villes à s’engager dans l’accord des maires, Portland, Oregon, a un des plans les plus avancés pour le changement. En 1993, Portland devint la première ville américaine à développer un plan d’action de réchauffement global. Maintenant, avec le reste du Comté de Multnomah, Portland vise à réduire les gaz à effet de serre de 10 pourcent en-dessous des niveaux de 1990 d’ici 2010. Si le Comté de Multnomah avait continué ses activités de façon ordinaire, aujourd’hui il émettrait plus de 12 millions de tonnes de dioxyde de carbone mais grâce à son action délibérée de réduire les émissions de gaz à effet de serre, les dernières émissions comptabilisées ont chuté de 9.7 millions de tonnes - juste 1 pourcent en-dessous des niveaux de 1990.

Portland est arrivé à augmenter son transport public utilisé par 75 pourcent depuis 1990. Cela fut aidé par l’addition d’une nouvelle ligne de rail majeure et par la réinstallation en 2001 du tramway, un retour en arrière au vieux système de trolley qui avait été évincé par les bus polluant au diesel et autres automobiles individuels. Les travailleurs citadins reçoivent des abonnements mensuels ou place de parking gratuit, et les entreprises qui subsidient le parking de leurs employés sont encouragées à subsidier les transports publics également. Portland a 430 kilomètres de pistes cyclables que la ville espère faire doubler endéans 10 ans.

En 2002, le Comté de Multnomah a établi des standards d’énergie efficace pour "éclairer, chauffer et rafraîchir les appareils et les ordinateurs personnels." Partout dans Portland, les feux de circulation ont été changés en ampoules LED (lumière émettant de l’iode) lesquelles réduisent l’énergie utilisée d’un niveau impressionnant de 80 pourcent, épargnant ainsi la ville de plus de 500,000$ chaque année en énergie et en coût d’entretien. La ville est également en train d’enquêter sur la possibilité d’énergiser toutes les facilités complètement avec l’énergie éolienne.

Ailleurs, en ville et dans les buildings des bureaux du comté de Salt Lake City, dans l’Utah, on a remplacé les ampoules d’éclairage incandescent par des fluorescents compacts qui utilisent un tiers de l’énergie et durent 10 fois plus longtemps. Dans la région froide de Saint-Paul, dans le Minnesota, une efficace chaleur combinée et un système d’énergie chauffent la majorité des buildings en ville. A Washington DC, 414 bus diesel ont été remplacés par d’autres bus qui brûlent plus proprement les gaz naturel compressés. Et Austin, au Texas, est rapidement en train de se tourner vers l’énergie solaire et éolienne afin d’ atteindre son objectif qui consiste à réaliser 20 pourcent de ses besoins énergétiques en provenance de sources d’énergie renouvelables et 15 pourcent à travers des améliorations en matière d’efficacité énergétique d’ici 2020.

La réponse à l’absence d’action de Washington n’est pas limitée aux seules villes. Les Etats et les entreprises participent également. Le challenge maintenant consiste à multiplier ces initiatives et les amener plus loin. Avec les Etats-Unis, constituant cinq pourcent de la population mondiale mais étant responsable d’un quart des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, il n’existe pas de substitut à un leadership venant du haut.

Pour des données supplémentaires et autres sources d’information, voir le site web Earthpolicy ou contacter jlarsen@earthpolicy.org, pour une permission d’impression de l’article, contacter rjkauffman@earthpolicy.org

(Traduction en français faite par Nadine Karekezi)

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