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MAIB interpelle la Commission européenne sur les conflits armés au Mali et au Niger

MAIB interpelle la Commission européenne sur les conflits armés au Mali et au Niger

Posté le 4 juillet 2008 par Tamar Gugulashvili (Contacter l'auteur)

Préoccupée du regain des violences armées au Mali et au Niger, MAIB a interpellé la Commission européenne sur l’urgence de la médiation européenne pour la résolution de ces conflits. Voici sa question suivie de la réponse de la Commission européenne.

Question de Marie Anne Isler Béguin :

19.05.2008

Au Mali et au Niger les conflits armés entre les rebelles et les autorités ont repris. Au Mali, malgré l’accord d’Alger (juillet 2006) et les médiations menées par l’Algérie et la Libye, les violences se multiplient avec l’assassinat, le 11 avril 2008, de deux responsables targuis et les attaques de casernes, dont celles du 21 mai 2008, entraînant la fuite des populations civiles vers les pays voisins. Au Niger, les violences ont pour toile de fond la redistribution des revenus et l’impact sanitaire et environnemental de l’extraction d’uranium par l’entreprise française AREVA.

Dans le cadre du Partenariat stratégique Afrique/Union européenne, signé à Lisbonne le 6 décembre 2007, la Commission compte-t-elle proposer une médiation pour aider à la résolution des conflits dans ces deux pays ?

La réponse de la Commission européenne :

17.6.2008

La Commission remercie l’honorable parlementaire pour sa question orale concernant les résolutions des conflits au Mali et au Niger.

En ligne générale, et dans le cas particulier des actes violents perpétrés au Nord du Mali et des confrontations opposants de Mouvement Touareg du Niger (MNJ) à l’armée du Niger, la Commission privilégie fermement le règlement négocié et n’approuve pas le recours aux armes. La Commission désapprouve tout particulièrement l’utilisation de mines anti-personnelles qui auraient déjà fait des morts parmi les civils au Niger et au Mali.

Il s’agit bien de renforcer le dialogue sur les défis à relever en matière de paix et de sécurité tel qu’indiqué par le document proposé pour un Partenariat stratégique Afrique-UE. La Commission privilégie une solution au niveau régional et est prête à appuyer toute initiative dans ce sens, qu’il s’agisse des conférences qui sont proposées en ce moment par les responsables nigériens et maliens ou du soutien aux organisations régionales concernées, telles que la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD).

Dans le cas du Mali, la CE a toujours été favorable à l’approche de dialogue et de paix choisie par le Gouvernement du Mali et l’Alliance du 23 mai pour le changement, ayant débouché sur l’accord d’Alger en juillet 2006.

Cet accord, ainsi que les résolutions du Forum de Kidal de mars 2007, restent d’application pour la résolution du conflit d’après les dernières déclarations officielles du Ministère des Affaires étrangères malien. La Commission se félicite pour cela.

Concernant plus particulièrement le Niger, la Commission suit de près l’évolution de la situation. Notamment, elle s’inquiète pour la détérioration des conditions de sécurité dans le nord du pays, conditions qui frappent des populations civiles déjà éprouvées par les conditions de vie difficiles dans cette région. L’instabilité se fait aussi sentir dans l’ensemble de la coopération en cours dans le nord du pays.

Par ailleurs, la Commission soutient les initiatives annoncées par les Présidents du Mali et du Niger d’organiser prochainement une conférence régionale sahélo-saharienne sur la sécurité, la paix et le développement.

Enfin, la Commission s’efforce de mettre tout en œuvre pour contribuer au développement du Nord du Mali et du Niger, la région plus touchée par le conflit. Dans ce contexte, la Commission tient à rappeler que les documents de "Stratégie Pays" et les Programmes Indicatifs respectifs pour le Mali et le Niger ont été récemment approuvés pour la période 2008-2013. La programmation prévoit un montant très substantiel à l’appui au développement de ces deux pays, notamment en matière de gouvernance.


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