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Posté le 11 juillet 2005 par Marie Anne Isler Béguin (Contacter l'auteur)
Marie Anne Isler Béguin, députée européenne et membre de la Commission Affaires Etrangères au Parlement européen, s’est rendue en Bosnie à l’occasion des commémorations du massacre de Srebrenica, qui auront lieu lundi 11 juillet 2005.
A l’occasion de la conférence organisée par les Verts européens "10 ans après Srebrenica - leçons et perspectives pour la Bosnie Herzégovine", elle revient sur les accords de Dayton et le rôle de l’UE dans ce pays des Balkans :
"La situation politique actuelle de la Bosnie Herzégovine est intenable ; les accords de Dayton ont un besoin urgent d’une révision. S’ils ont rétabli la paix, ils ont consacré l’inacceptable en érigeant la séparation ethnique comme principe d’organisation de l’Etat. La structure administrative et politique du pays -deux Républiques distinctes, la Republika Serbska et la Fédération (croato-musulmane), avec un degré très important de décentralisation et de pouvoirs concentrés par les communes locales- a favorisé les nationalismes, sans que n’apparaisse de volonté commune de créer un Etat central viable.
Le pays est encore extrêmement fragile et porté à bout de bras par la Communauté internationale, la même qui n’a pu empêcher le génocide et le massacre de milliers de victimes innocentes. A l’heure où l’on commémore le massacre de 8000 musulmans à Srebrenica, le fait que des criminels de guerre comme Radovan Karadzic et Ratko Maldic sont toujours en fuite est un scandale politique et moral ; l’UE doit agir urgemment pour les arrêter et les porter devant le Tribunal Pénal International.
Il est temps que l’Europe se saisisse plus largement de la question d’une stabilisation des Balkans, sans tabous ni frilosité ; qu’elle soutienne, avec les Nations Unies, les efforts des différentes parties pour parvenir à un équilibrage plus fonctionnel des pouvoirs dans le pays et sortir de l’impasse de la ségrégation ethnique des institutions ; qu’elle rassemble Croates, Bosniaques et Serbes pour discuter de toutes les questions sensibles, y compris celles de la région dans son ensemble (comme le Kosovo). Ce n’est qu’en offrant une perspective européenne aux pays des Balkans que la Bosnie et ses citoyens reprendront confiance dans un avenir commun et construiront un espace de paix irréversible. L’UE ne doit donc pas avoir peur de reprendre l’initiative dans les Balkans."
Marie Anne Isler Béguin se rendra aux commémorations du massacre de Srebrenica, le lundi 11 juillet.