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Bonn : aires protégées (suite) et moratoire sur la fertilisation des mers et océans

Bonn : aires protégées (suite) et moratoire sur la fertilisation des mers et océans

Posté le 23 mai 2008 par Cédric Cabanne (Contacter l'auteur)

L’Algérie n’a ratifie la Convention sur la Diversité Biologique qu’en 2005. La présence d’une délégation importante ainsi que le dynamisme de la directrice générale du Centre National de Développement des Ressources Biologiques, indiquent que le pays est un acteur actif du bassin méditerranéen dans le domaine de la conservation des ressources biologiques.

Parce-que les demandes de temps de parole sont nombreuses, certaines délégations n’ont pas toujours la possibilité de contribuer oralement aux discussions. Les contributions écrites sont ensuite versées aux comptes-rendus. Pourtant, certains intervenants auraient beaucoup à dire, en particulier sur l’expertise et les outils qu’ils appliquent à la conservation in situ de la diversité biologique.

C’est le cas de l’Algérie. Le pays abrite l’un des 14 spots de biodiversité que compte la zone méditerranéenne. A ce titre, le pays a intégré 22% de son immense territoire dans un réseau d’aires protégées qui relève de la tutelle de 3 ministères (environnement, culture et agriculture). Deux parcs frappent particulièrement l’imagination : le parc du Hoggar (qui est aussi intègre au réseau homme et biosphère lance par l’UNESCO en 1971) et le parc du Tassili. L’objectif des autorités est clair : a l’horizon 2025, 25 nouvelles aires protégées devraient voir le jour dont 11 réserves de biosphère. Parce que l’Algérie étire ses cotes sur 1300 km, 21 réserves marines et 11 parcs marins seront peu a peu créés ; les réserves répondant a des critères plus stricts que les parcs.

L’Algérie complète sa politique de protection des ressources naturelles par une coopération avec l’union Européenne. Dans ce cadre, elle bénéficiera de l’appui de la Banque Européenne d’Investissements (BEI) qui a récemment publie une liste de 44 projets prioritaires dans 7 pays de la Méditerranée, visant a éliminer 80% des sources de pollution d’ici 2020. Bien sur, il ne faut pas perdre de vue une réalité : les ressources de la Mer Méditerranée se meurent. Les pays de la rive Nord doivent aussi se responsabiliser puisqu’il ne faut que quelques semaines à leurs déchets pour atteindre la rive sud de la Mare nostrum.

A la suite des échanges sur les aires protégées, les délègues s’engagent dans une discussion sur la biodiversité et le changement climatique. Il est en effet plus que temps d’établir un consensus sur le lien organique entre les deux phénomènes. La discussion est lancée par la présidente de la séance par la question : faut-il créer un groupe d’experts techniques commun à la diversité biologique et au changement climatique ?

Le Mexique intervient pour indiquer son approbation à l’intégration d’un programme changement climatique au sein de la CBD. Il explicite sa position par une volonté de planter 290 millions d’arbres dans un objectif de stockage de carbone. Bien sur, il faut encore s’interroger sur la mise en place de cette volonté : les plantations ne devraient pas se faire dans des zones endémiques et dans le cadre (cultures intensives d’eucalyptus ou plantes à huile, par exemple). La Slovénie exprime l’opinion de l’Union Européenne (UE), de la Croatie, de l’ancienne République de Macédoine (FIRUM) et de la Turquie pour rappeler que la protection de la diversité biologique est bien un instrument d’atténuation du changement climatique. L’UE souligne la nécessite d’évaluer la mise en œuvre des différents programme de travail relatif a la diversité agricole et forestière. De plus, il ne faut pas avoir peur de renforcer la coopération avec la Convention Ramsar (qui protège les zones humides) et lutter de concert avec la convention chargée de la lutte contre la désertification (UNCCD0 et son homologue du climat (UNCCC) pour lutter contre le déboisement. il faut également évaluer l’impact sur les écosystèmes des projets de lutte contre le changement climatique comme le stockage de carbone par les plantes. Enfin, l’Union met en garde la communauté internationale contre la fertilisation des océans et des mers censée capturer le CO2 et demande un moratoire a ce sujet. Il ne faudrait pas eutrophier les milieux marins sous prétexte de trouver une solution technique à notre trop grande production de gaz a effet de serre !

Le Liberia qui s’explique au nom de l’Afrique demande qu’une attention particulière soit portée aux activités forestières non réglementées ainsi qu’au braconnage d’animaux. En outre, les pays africains rappellent au monde qu’il est important de maintenir et de développer les savoirs traditionnels.

Le Tuvalu exprime, au nom des petits états insulaires, l’urgence du changement climatique. Dans la perspective de la modification durable des cycle de l’eau, la biodiversité peut contribuer à atténuer les effets.

Le délégué chinois rappelle qu’il représenté 1 milliard 300 millions de personnes. Su la question d’un nouveau groupe d’experts (biodiversite + changement climatique), la République populaire est plutôt réservée. En effet, elle souhaite éviter les doublons et les couts supplémentaires. Encore traumatisée par la Conférence sur le Climat de Bali en décembre dernier, elle rappelle que beaucoup trop de temps a ete perdu en discussions. Est-ce une tactique pour se dédouaner de futurs engagements sur le changement climatique et la biodiversité ?

A suivre...


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