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Avis de recrutement pour la santé, la sécurité alimentaire et le bien-être animal

Avis de recrutement pour la santé, la sécurité alimentaire et le bien-être animal

Posté le 1er avril 2008 par Cédric Cabanne (Contacter l'auteur)

Dons d’organes, santé transfrontalière, santé mentale, pesticides, OGM, transport des animaux. Les thématiques évoquées sont complexes et les dossiers à mener à terme sont nombreux ! Désignée pour remplacer Monsieur Kyprianou, ancien Commissaire Européen à la santé et à la sécurité alimentaire (le nouveau Ministre des Affaires Etrangères chypriote), Madame Vassilou a été reçue par le Parlement Européen dans le cadre d’une audition de la Commission de l’Environnement, de la Santé publique et de la Sécurité alimentaire.

Madame Androula Vassiliou, "commissaire-désignée" en charge de la santé publique, de la sécurité alimentaire et de la santé et du bien-être des animaux n’aura pas la tâche facile. Elle le sait et s’apprête à répondre avec le sourire aux enjeux de la fin de mandature. D’ici au mois de juin 2009, les dossiers de la sécurité alimentaire et de la santé l’obligeront à faire preuve de doigté et de détermination. En outre, son collègue en charge des entreprises l’attend au tournant puisqu’il il ne partage pas les mêmes objectifs !

Dans con discours liminaire, Madame Vassiliou rappelle son périmètre technique : elle traite en particulier les dossiers législatifs relatifs à la sécurité alimentaire. L’actualité est en effet fort riche : d’ici la fin de la mandature, la Commissaire Européenne devra mener à terme les règlementations concernant les additifs, les produits phytosanitaires, les nouveaux produits alimentaires, l’étiquetage des aliments. De même, la nouvelle arrivante s’engage à faire avancer les dossiers de la santé, afin de favoriser un meilleur accès aux soins médicaux par les citoyens européens (un paquet législatif sera prochainement proposé) ainsi que sur les dons d’organes (une proposition législative est en cours de préparation). Madame Kiprianou s’est également positionnée sur le bien-être des animaux.

La "commissaire-désignée" s’est prêtée aux questions des députés européens, membres de la Commission de l’Environnement qui ont relayé les attentes de leurs citoyens sur plusieurs points importants.

La santé publique européenne

La santé mentale a été particulièrement abordée. La représentante de la Commission européenne a rappelé que la santé mentale européenne est assise sur 4 piliers : la prévention de la dépression et du suicide, lao santé mentale de la jeunesse, la santé mentale et le vieillissement et la santé mentale au travail. Concernant la santé mentale et le vieillissement ; la Commissaire a annoncé l’organisation d’une conférence européenne sur la maladie d’Alzheimer au cours de la présidence française.

La santé transfrontalière pose actuellement problème, en particulier pour les malades qui vont se faire soigner dans les Etats-membres dont les systèmes de santé sont les plus efficaces (France, Espagne, Allemagne). Actuellement 1% des patients européens sont concernés. Pour la Commissaire, il ne s’agit pas de mettre en péril les systèmes de santé nationaux mais de favoriser la coopération en définissant la notion "d’autorisation préalable". Il faudra aussi à Madame Vassiliou beaucoup de persuasion pour convaincre Monsieur Verheugen, son homologue responsable de la Direction générale Entreprises, que la santé ne doit pas être considérée comme un service mais constitue un droit universel.

Actuellement dans l’Union Européenne, 50 000 personnes sont en attente d’un organe et 10 personnes meurent quotidiennement faute de dons d’organes. La nouvelle commissaire se positionne en faveur d’une nouvelle approche européenne permettant de répondre, sur tout le territoire de l’Union Européenne, à cette importante problématique sanitaire. Dans cette perspective, le projet devrait intégrer la définition de normes d’analyse, de transport et de stockage de grande qualité. La coopération entre les Etats Membres est essentielle : d’abord pour généraliser le modèle espagnol parce qu’il est le plus efficace ; ensuite pour lutter contre le trafic illicite d’organes qui fait des ravages chez les plus démunis.

La sécurité alimentaire

Les Députés Européens Verts ont interpellé sur les autorisations des pesticides. Dans sa proposition modifiée, la Commission Européenne n’a pas repris la position l’interdiction des pesticides toxiques pour la santé humaine, proposée par le Parlement Européen. A ce sujet, la nouvelle titulaire a répondu qu’elle attendait l’avis de l’Agence Européenne se Sécurité Alimentaire (EFSA) dont l’objectif est de fournir un avis scientifique clair aux décideurs européens.

Une pomme de terre génétiquement modifiée est actuellement évaluée par les autorités européennes compétente. Aux inquiétudes formulées par les députés européens, Madame Vassilliou a répondu qu’elle attendait également l’avis des autorités et qu’elle sera également attentive à l’avis juridique formulé par la société civile européenne.

Les importations d’animaux ont été également évoquées. Les normes européennes s’appliquant aux producteurs de l’Union Européenne ne sont pas toujours respectées par les importateurs. Un exemple : produit aux USA, le poulet subit un traitement au chlore interdit au sein de l’Union Européenne. La Commissaire s’est voulu rassurante, expliquant que les normes européennes seraient appliquées aux importations.

Les nanotechnologies se sont également invitées au débat. L’absence de législation européenne est en effet patent. La Commissaire européenne l’a en effet reconnu et s’est engagé à étudier ce dossier.

La santé des animaux

La discussion sur la santé animale s’est d’abord engagée sur le thème du transport des animaux. En réponse aux questions des députés européens, la Commissaire a pris position pour regretter que le Conseil européen ait annulé les dispositions prévues pour encadrer la durée du transport ainsi que le nombre d’animaux transportés.

La grippe aviaire est un sujet qui prête également à confusion. Alors qu’il a mobilisé l’appareil politique européen dès 2003, c’est un sujet dont on ne parle plus. Madame Vassiliou s’est engagée à ne pas baisser la garde pour assurer une vigilance efficace.

Finalement, la question du clonage est revenue avec force. Aux interrogations formulées par ce nouveau type d’élevage intensif, la Commissaire Européenne a d’abord rappelé qu’il ne faut pas tout confondre : si le clonage thérapeutique est en effet considéré comme une technique prometteuse pour faire face à certaines pathologies humaines, le clonage des animaux doit cependant être traité différemment. Il faut en effet se poser la bonne question : avons-nous besoin du clonage animal ? L’union européenne doit aussi considérer la dimension éthique de ce mode de production.


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