18 juin 2008 Directive retour pour les sans-papiers : un jour très sombre
24 avril 2008 Intervention en plénière de Marie Anne Isler Béguin, le 24 Avril 2008 dans le cadre de la résolution commune sur le Tchad
13 décembre 2007 Sommet UE-Afrique : intervention en plénière
12 décembre 2007 Qualité de l’air : intervention en plénière
14 novembre 2007 Protection des sols : une législation déjà érodée
13 novembre 2007 Un président cornélien, en scéance solennelle du Parlement
23 octobre 2007 Pesticides : intervention en Plénière de Marie Anne Isler Béguin
11 juillet 2007 Les camions de 60 tonnes n’emprunteront pas les routes européennes
23 mai 2007 Méditerranée : requins, corail rouge et Convention CITES
22 mai 2007 Longue vie à Life + !
22 mai 2007 "Enrayer la diminution de la Biodiversité d’ici à 2010" !
25 avril 2007 Budget 2008 : l’environnement victime de la lutte contre l’immigration
13 décembre 2006 REACH : tout ça pour ça !
5 septembre 2006 Fiscalité environnementale : les voitures à la casse ?
31 août 2006 Rentrée 2006 : sous le soleil de la fiscalité environnementale
Posté le 24 janvier 2007 par Cédric Cabanne (Contacter l'auteur)
Angela Merkel est une nouvelle venue. Comme elle l’explique le 17 janvier 2007 à l’occasion de la présentation de la feuille de route de la maison européenne pour les 6 mois à venir, elle a d’abord connu l’Union européenne depuis l’extérieur.
Originaire de l’ancienne République Démocratique Allemande, elle a grandi de l’autre côté du mur de Berlin, au moment où la République Fédérale Allemande, de concert avec la France, la Belgique, l’Italie, le Benelux ont fondé notre communauté il y aura 50 ans au mois de mars 2007. Depuis l’autre côté du mur, elle a ressenti combien les européens faisaient œuvre de paix ; le temps "d’un battement de paupières".
Fascinante de l’extérieur, notre maison européenne est encore plus belle depuis l’intérieur. Bien sur, son chantier rend perplexe. Les citoyens européens se demandent si la maison européenne sera un jour achevée et si son apparence coïncidera avec le lieu de vie auquel ils aspirent. Pour la chancelière qui fait référence à Jacques Delors, il est impératif de lui donner une âme.
Avec pédagogie, Angela Merkel explique aux représentants des citoyens européens la méthode dans laquelle elle nous engage. C’est à partir de la différence, et de tolérance que nous devons procéder. Car la tolérance, de même que la liberté, n’est pas un acquis : elle doit être chaque jour reconquise ! Forts de leur diversité, les citoyens européens doivent nourrir la tolérance comme principale vertu. Angela Merkel nous rappelle le mot de Voltaire : "je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je donnerais ma vie pour que vous ayez le droit de le dire".
La présidence allemande innove. Pour la première fois, l’actuelle présidence travaillera de concert avec les deux prochaines (portugaise et slovène). C’est à dire que le programme de travail sera réalisé dans la continuité et dans la collaboration. Il est vrai que la feuille de route fixée par Angela Meckel est chargée. Sur le terrain institutionnel et concernant le traité constitutionnel la chancelière clôt la phase de réflexion. D’ici au mois de Juin, il faut parvenir à élaborer en commun une nouvelle feuille de route afin que le processus institutionnel soit achevé d’ici à la fin 2009. Les propos sont limpides : "un échec serait historique. N’oublions pas notre diversité et laissons-nous inspirer par l’esprit de tolérance".
En matière de politique extérieure, le statut du Kosovo est déterminant pour les Balkans occidentaux. Sa stabilité engage celle des Balkans occidentaux.
Le Proche Orient est aussi le sujet des préoccupations allemandes. Il s’agit d’être vigilant et fermes, particulièrement sur le programme nucléaire iranien. La politique de voisinage développée par l’Union européenne avec ses voisins de l’Est (le pourtour méditerranée, le Moyen-Orient, Ukraine, Moldavie, Caucase du Sud, Ukraine et Russie) implique aussi des positions fermes.
Le cycle de l’Organisation Mondiale du Commerce engagé en 2001 à Doha va bientôt s’achever. L’enjeu est trop grand pour qu’un échec le remette en question. Afin de faciliter sa conclusion, Angela Merkel propose l’organisation d’un sommet Union Européenne - USA.
Sur la thématique du développement et de la coopération avec les pays en voie de développement, un sommet Union Européenne - Afrique sera également tenu, vraisemblablement sous la prochaine présidence portugaise (second semestre 2007).
En matière de politique économique, la chancelière rappelle que la croissance n’est pas une fin en soit. En clair, il est important qu’elle génère des emplois afin de maintenir un tissu social et de fournir aux européens des perspectives personnelles.
A la suite de la présidente en exercice, les Ministres allemands sont venus détailler le programme à Bruxelles.
La Ministre allemande de la Santé est intervenue en Commission de l’Environnement, de la Santé publique et de la politique des consommateurs, le 22 janvier 2007.
Au mois de Juin, une conférence sur la pharmacie évolutive sera organisée. L’objectif est aussi de faire progresser la législation européenne en prenant en compte les nouvelles thérapies et les produits médicinaux. La prévention des maladies est un élément que souhaite promouvoir la présidence allemande. Elle concernera l’alimentation équilibrée et l’exercice, la lutte contre le tabagisme, le SIDA, l’accès aux soins. Angela Merkel s’impliquera directement sur la prévention du SIDA. Elle participera à une conférence ministérielle de Brême les 12 et 13 mars 2006 qui traitera de l’intégration de la société civile aux politiques publiques.
Le 23 janvier 2007, le Ministre de l’Environnement s’est présenté devant les députés de la Commission de l’Environnement, de la santé publique et de la politique des consommateurs. Du 1er au 3 juin 2007, un Conseil des Ministres de l’Environnement traitera de "l’environnement, la société et l’emploi". Comme il le rappelle, il est nécessaire de se concentrer sur le renouvellement de nos ressources. Face à la Chine qui manufacture, le géant indien de la prestation de services, la Russie pourvoyeuse de l’Energie, l’Europe doit jouer un rôle d’ingénieur et stimuler ses capacités d’innovation.
Sur le sujet du climat, la prochaine communication de la Commission européenne fixera la baisse du CO2 à 20% pour les automobiles. En aparté, le Ministre confie qu’il souhaite que cet objectif soit minimum c’est à dire qu’on parvienne à une réduction de 30%. L’Union européenne se démarquerait ainsi de ses partenaires et donnerait ainsi le "la" aux négociations de Kyoto. Il s’agit aussi d’engager un plan de mobilité durable et favoriser les biocarburants. Enfin, les directives sur la qualité des carburants devront être adaptées aux camions.
Autre sujet important, la directive sur la protection des sols impliquera l’organisation d’un débat indicatif au mois de février. Concernant l’énergie nucléaire, le Ministre rappelle que la part de l’énergie nucléaire décroit en Europe. Echos d’Angela Merkel, Monsieur Gabriel rappelle que l’énergie reste de la compétence des Etats-membres et qu’il est nécessaire de rester tolérant quand un pays s’engage à ne plus utiliser l’énergie nucléaire.
Au final, les sujets qui fâchent ne sont pas éludés par le Ministre de l’Environnement.
La règlementation sur les produits chimiques REACH devra faire l’objet d’un bon compromis entre le parlement européen et le Conseil européen. De même, sur le l’instrument financier sur l’environnement LIFE + -dont Marie Anne Isler Béguin est rapporteur, il faudra rapidement concilier les positions du Conseil européen (en faveur d’une décentralisation budgétaire en direction des Etats-membres) et du Parlement européen (majoritairement en faveur du maintient de la centralisation européenne).
Le marathon entamé par la Présidence allemande ne fait que commencer. A la tête de la course, la chancelière allemande doit maintenant donner le rythme pour atteindre l’ambition qu’elle fixe aux citoyens européens.
Malgré les échéances électorales françaises et la frilosité des candidats sur les questions européennes, il s’agit maintenant d’aboutir à la rédaction d’une feuille de route pour le Traité Constitutionnel. L’Union Européenne compte désormais 27 membres. La maison qui l’abrite doit être aménagée et constituer le havre auquel aspirent les peuples européens.
La politique des affaires étrangères constitue un des sujets d’inquiétude. L’incertitude au sujet de l’indépendance du Kosovo a aussi des implications sur les régions séparatistes du Caucase du Sud (Ossétie du Sude, Haut-Karabagh). Face à la Russie, l’Union européenne doit se montrer ferme et refuser que l’énergie qu’elle fournit constitue une contrepartie à son interventionnisme en Arménie, en Azerbaïdjan et en Géorgie.
La politique de l’Environnement constitue enfin une ambition qu’il faut concrétiser. Dans la course contre l’érosion de la diversité biologique et le changement climatique, la présidence allemande devra aussi résister aux pressions des industriels -en particulier de l’automobile, du nucléaire et des produits chimiques.