Posté le 2 janvier 2009 par admin (Contacter l'auteur)
Présentation
Par Marie Anne Isler Béguin
Dans la relation que l’Union européenne entretient avec ses voisins, la libre circulation ne connait pas la même facilité selon qu’elle est appliquée aux hommes ou aux biens, services et capitaux. Dans le contexte européen, le durcissement des politiques migratoires est une réalité commune pour les migrants issus des 16 pays avoisinant l’Union européenne.
Comment l’Union assure-t-elle la cohérence entre ses engagements en matière des Droits de l’Homme, ses politiques de coopération économique et l’érection de frontières administratives tous les jours plus infranchissables ?
Quels débouchés offrons-nous aux espoirs que notre modèle économique et démocratique suscite chez nos voisins ?
En ce premier jour de la présidence française de l’UE, toutes ces questions feront objet de notre débat avec les experts en la matière et les représentants de la Commission européenne.
Conçue à la veuille de l’élargissement de l’Union aux dix nouveaux pays en 2004, la Politique européenne de Voisinage (PEV) a pour but la création d’un "espace de sécurité et de prospérité partagées" dans laquelle l’Union et ses voisins pourraient bénéficier d’une intégration économique plus poussée et d’un dialogue politique plus approfondi.
En dépit de ces objectifs affichés, le souci de sécurisation des frontières extérieures de l’UE semble être le facteur bien plus important dans la PEV que l’intégration et l’ouverture. De plus en plus, la PEV semble refléter une vision européenne et remet en cause le concept d’un espace d’échange et de prospérité partagée entre l’Union et ses voisins.
Dans les cadres des plans d’action de la PEV, les pays voisins de l’UE sont, en effet, contraints de signer les accords de réadmission qui les poussent à contrôler de manière répressive leurs frontières avec l’Union. De cette manière, l’Union reporte sur ses voisins, la responsabilité la gestion des flux migratoires pour protéger en amont se propres frontières, au mépris parfois, de ses obligations internationales en matière des droits de l’homme.
En échange de toutes ces réformes couteuses, on ne promet que l’éventualité de facilitation des visas européens de courte durée pour les catégories limitées des personnes (hommes d’affaires, diplomates, chercheurs) en provenance des pays de voisinage. Et plus, les discours européens varient de voisinage de l’Est à celui du Sud.
Entre ses objectifs affichés et la réalité de durcissement des frontières de l’Union, la politique européenne de voisinage fait un grand écart entre les attentes qu’elle fait naître dans les pays voisins et les intentions réelles des Etats-membres de l’Union.
La France qui assurera à partir d’aujourd’hui la présidence de l’Union, compte présenter à ces partenaires européens un "pacte sur l’immigration" le 7 juillet prochain au Conseil des Ministres d’Intérieur, à Cannes. La lutte sans merci contre l’immigration illégale, politiques communes des visas et organisation de l’immigration légale font parti des objectifs de cette proposition qui vise l’harmonisation européenne en la matière.
Parmi les dossiers que la France veut promouvoir lors de sa présidence de l’UE, comme l’Union pour la Méditerranée, "le pacte sur l’immigration" est le plus sensible politiquement mais paradoxalement il a le plus de chances à réussir dans une Union européenne de plus en plus conservatrice.
Il est d’autre part difficile de nier la nécessité démographique et économique de l’immigration pour l’Union européenne. La position géographique privilégiée de nos voisins est aussi évidente.
Alors, pourquoi cette fermeture ?
Malgré toutes ces mesures restrictives, l’Europe continue d’être une terre d’asile et d’immigration. Durcir les frontières, création d’une sorte des "Etats-tampons" dans son voisinage immédiat...toutes ces mesures, pourront-elles être considérées comme une solution viable pour l’Europe et pour ses voisins ?
A travers de deux panels de discussions, centrés sur le voisinage orientale et méridionale de l’Union, nous essayerons d’apporter des réponses à toutes ces questions.