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Posté le 29 juin 2005 par Marie Anne Isler Béguin (Contacter l'auteur)
Il est urgent que la communauté internationale, et en particulier l’Union européenne, se mobilise.
La Commission européenne a-t-elle prévu et/ou mis en place une aide d’urgence pour secourir les populations au Niger et au Mali ? Sinon, compte-t-elle le faire rapidement, avant que des milliers de personnes ne meurent de faim ?
Comment la Commission compte-t-elle évaluer la réalité de la situation et s’assurer que les populations concernées seront les véritables destinataires de l’aide ?
Quelles mesures concrètes la Commission envisage-t-elle de prendre face à cette catastrophe, notamment dans le domaine agricole et pastoral ? Est-il notamment envisagé d’acheminer des semences pour les cultures de céréales et de légumes, des aliments pour animaux ainsi que des produits phytosanitaires et zootechniques (vaccins animaux, stock d’aliments, vitamines...) ?
Quelles actions durables la Commission envisage-t-elle de mener au nom de l’Union européenne pour contribuer à stabiliser la situation et permettre aux populations d’anticiper et d’affronter d’éventuelles nouvelles catastrophes ?
Question écrite posée par Marie Isler Béguin (Verts/ALE) à la Commission.
réponse faire par Monsieur Michel au nom de la Commission (29.6.2005)
Par l’intermédiaire de son Office d’aide humanitaire (ECHO) et de ses délégations présentes dans chaque pays, la Commission assure un suivi attentif de la situation nutritionnelle et de l’insécurité alimentaire générale dans les pays qui ont été les plus affectés par l’invasion dévastatrice de criquets pèlerins en 2004 et par la sécheresse qui a suivi, en particulier au Mali, au Niger, en Mauritanie, au Tchad et dans le nord du Burkina Faso. Aide humanitaire de la Commission :
Sur la base d’une évaluation réalisée au Mali, ECHO a adopté, en mai 2005, une décision d’urgence allouant 2 millions d’euros au Mali sur l’enveloppe B du 9ème FED (Fonds européen de développement) afin de fournir une aide humanitaire à la population pastorale victime des crises nutritionnelles qui sévissent actuellement dans les régions de Gorum, de Gao, de Kidal, de Tessalit et de Tombouctou. Sur le total de 460 000 personnes qui vivent dans ces régions, 60 000 devraient bénéficier de l’aide nutritionnelle et 110 000 personnes supplémentaires d’actions visant à assurer la sécurité alimentaire, comme la distribution ciblée de nourriture, la distribution de semences et de fourrage. Au début du mois de juin 2005, une mission d’ECHO se trouvait au Niger pour évaluer les besoins humanitaires et identifier les partenaires de mise en oeuvre pouvant être associés aux interventions humanitaires. ECHO élabore actuellement une décision de financement en faveur du Niger, allouant au moins 3 millions d’euros sur l’enveloppe B du 9ème FED, dans le cadre d’une première réaction vis-à-vis du niveau élevé de malnutrition sévère ou modérée qui y est constaté et de l’insécurité alimentaire alarmante qui touche de nombreuses régions. La stratégie appliquée dans l’immédiat sera la même que pour le Mali et consistera donc à apporter un soutien aux partenaires agissant dans le domaine de la récupération nutritionnelle, des activités de sécurité alimentaire étant menées dans un deuxième temps.
ECHO suivra attentivement la mise en oeuvre des décisions au Mali et au Niger, en s’assurant notamment que les fonds sont correctement alloués et l’aide bien attribuée aux bénéficiaires, grâce à un contrôle régulier sur le terrain. Par ailleurs, ECHO évaluera l’efficacité des opérations, sur la base d’indicateurs de performance préalablement définis qui permettent de mesurer le degré d’obtention de résultats et de réalisation des objectifs. Aide à long terme de la Commission :
Dans le cadre d’une stratégie menée à plus long terme au Mali, la Commission exécute actuellement, en collaboration avec les autorités maliennes, un grand nombre de projets de développement ayant tous pour objectif la réduction de la pauvreté. En 2004, l’enveloppe programmable du 9ème FED pour la période 2002-2007, en faveur du Mali, a été relevée pour passer de 315,2 à 392,2 millions d’euros. Cette augmentation répondait à de bonnes performances dans le domaine de la coopération dans ce pays où, au cours des dix dernières années, la Commission a déboursé en moyenne 54,8 millions d’euros par an (y compris les paiements effectués en dehors du cadre de l’enveloppe programmable du FED : 81 millions d’euros en 2004).
En ce qui concerne le Niger, l’enveloppe A du 9ème FED a aussi été relevée de 96 millions d’euros en 2004 (à savoir 31 millions d’euros de ressources supplémentaires et 65 millions d’euros transférés de l’enveloppe B). Cette décision a été prise en raison des bonnes performances du pays (la moyenne des décaissements annuels sur dix ans s’élève à 29,9 millions d’euros). À la suite de cette augmentation et du transfert des soldes non dépensés de FED précédents, l’enveloppe A du 9ème FED en faveur du Niger atteint à présent 332,8 millions d’euros.
Enfin, la Commission finance en grande partie un programme géré par l’Organisation des Nations.