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Posté le 16 décembre 2005 par MAIB.INFO (Contacter l'auteur)
« Les Dames en blanc », ce sont ces épouses, mères et filles de dissidents cubains emprisonnés pour avoir critiqué le régime de Fidel Castro et le manque - voire l’absence - de liberté dans leur pays et qui se battent pour leur libération. Mais grâce aux Dames en blanc, leur sort n’est pas oublié. En effet, elles se sont engagées, depuis leur formation en 2004, à exprimer leur solidarité aux prisonniers, dont le délit a été d’exprimer leur opposition au pouvoir en place, et pour montrer les conditions cruelles, l’arbitraire les intimidations auxquelles sont soumises leurs familles. Cependant, en mettant son veto à la sortie du territoire de la délégation des Dames en blanc, le gouvernement a encore une fois montré que le non respect des droits individuels est chose courante à Cuba. Mais les Dames en blanc ont malgré tout pu faire entendre leur voix, et celles des prisonniers politiques cubains, en vue de faire de la démocratie, de la liberté et de l’égalité, une réalité. L’oratrice a enfin clôturé son discours par ses mots : « Il n’existe pas de cause impossible quand elle s’inspire de l’amour. »
Le prix Sakharov a également été remis à Hauwa Ibrahim, avocate nigériane et musulmane qui défend au Nigeria ses compatriotes menacées de lapidation par la Charia (loi islamique) et travaille sans relâche, bénévolement et malgré les menaces et les tentatives d’intimidation, à lutter contre le fondamentalisme religieux. Elle est d’ailleurs le seul avocat de son pays qui s’oppose - et même oser s’opposer - à la Charia. En tant que femme, elle n’a pas le droit de plaider dans une Cour. En tant que musulmane, elle est accusée de trahir sa religion. Pourtant cela ne l’a jamais empêchée de se taire.
Sa passion pour la liberté, la justice, ainsi que le sentiment de révolte qui l’anime lui donnent la force de se battre pour que ceux condamnés injustement ou dans l’incapacité de se défendre puissent être entendus et défendus dans le respect de la loi. C’est tout particulièrement grâce à elle que des cas de femmes victimes de traitements inhumains ont été mis à jour et sont maintenant connus du monde entier : « Nous agissons localement, mais nous pensons globalement », a affirme Mme Ibrahim.
« Reporters sans frontières », qui a d’ailleurs célébré son 20e anniversaire cette année, est le troisième et dernier lauréat pour le prix Sakharov. Ce groupe lutte pour la liberté de la presse dans le monde et protège les journalistes - et autres personnes travaillant dans les media - victimes de persécutions et de la censure. 58 journalistes ont perdu la vie cette année, près de 1 par semaine, et ce chiffre augmente d’année en année. Remettre le prix Sakharov à Reporters sans frontières, c’est dire à quel point les journalistes sont un élément essentiel pour la liberté d’un pays. Pour Robert Ménard, « faire la démocratie, c’est se battre pour le droit d’expression des autres, mais aussi contre des dangers éventuels pour nos démocraties. »
On ne peut pas se contenter du monde tel qu’il est aujourd’hui. Aussi le Parlement Européen se mobilisera toujours pour dénoncer les injustices et violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales, pour montrer que les tyrannies ne peuvent perdurer et ne parviendront pas à museler l’information et empêcher la mobilisation de la société civile.