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Posté le 26 avril 2005 par
Agriculture. A partir d’aujourd’hui, Bruxelles impose un certificat d’analyse pour toute importation de gluten.
Un grain de maïs sème le doute en Europe. Depuis que le leader mondial de l’agrochimie, le groupe suisse Syngenta, a reconnu le 21 mars avoir vendu par erreur un maïs génétiquement modifié non autorisé, le Bt 10, à travers les canaux d’un autre maïs génétiquement modifié mais lui légal, le Bt 11, de nombreuses interrogations se posent sur la capacité des Etats membres de l’Union européenne à faire respecter la réglementation communautaire sur les OGM.
Incognito. Le 22 mars dernier, les autorités américaines ont informé la Commission européenne qu’un millier de tonnes de Bt 10 illégal, produit aux Etats-Unis par la firme Syngenta, était entré incognito sur le sol de l’Union. L’exécutif européen a immédiatement consulté les experts des Etats membres et, avec leur feu vert vendredi dernier, Bruxelles a décidé d’imposer aux exportateurs américains de gluten de maïs un certificat destiné à prouver que leurs exportations vers l’Europe ne contiennent pas de Bt 10. En clair : à partir d’aujourd’hui, le gluten de maïs américain ne pourra entrer sur le marché européen que s’il est accompagné par un rapport d’analyse émanant d’un laboratoire accrédité démontrant, sur la base d’une méthode appropriée et validée, que le produit ne contient pas de Bt 10.
Syngenta n’a pas encore transmis sa méthode de détection mais la firme a déclaré vendredi que c’était une question de jours. La Commission doit ensuite faire vérifier par le Centre commun de recherche la validité de la méthode. « Le dispositif devrait être opérationnel d’ici à la fin de la semaine », assure l’entourage de Markos Kyprianou, le commissaire européen à la protection des consommateurs. En attendant, les exportations américaines de gluten de maïs sont gelées.
3,5 millions de tonnes de gluten de maïs sont exportés annuellement par les Américains en Europe, ce qui représente autour de 350 millions d’euros.
Dangers. La mesure est volontairement ciblée, elle a été conçue « pour affecter le moins possible les échanges », selon les propos du commissaire européen. Objectif : éviter un clash avec les Etats-Unis. Ce qui n’a cependant pas empêché ces derniers d’estimer, par la voix de la mission américaine auprès de l’UE, que cette décision était « exagérée » dans la mesure où les autorités régulatrices américaines assurent que le Bt 10 ne présente pas de dangers pour la santé, la sécurité et l’environnement.
Pour les écologistes, le problème reste entier. « Si les gouvernements européens ne prennent pas des mesures générales pour remédier aux lacunes qui sont apparues dans les procédures de contrôle, des accidents de ce type vont se reproduire », met en garde Greenpeace. Les eurodéputés verts sont sur la même longueur d’onde. Ils estiment que l’Union européenne « doit stopper immédiatement toutes les importations de ce type tant qu’elle ne dispose pas des outils législatifs et techniques nécessaires afin d’assurer la traçabilité totale des OGM qui entrent sur le territoire de l’Union ».