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Posté le 19 avril 2005 par Marie Anne Isler Béguin (Contacter l'auteur)
Le conflit du haut Karabagh est une plaie ouverte pour le peuple azéri, et c’est la priorité numéro 1 du gouvernement.
Ce conflit avec l’Arménie a fait près d’un million de réfugiés azéris, répartis dans tout le pays. Ils sont parqués dans des camps de fortune - ou plutôt d’infortune -, aux maisons de terre et de toit de tôle ondulée d’éternité !

Dans le premier camp, une foule nous accueille chaleureusement : des hommes, surtout, habillés de leur plus beau costume, aux visages burinés par le soleil, illuminés de rangées de dents en or ! Signe extérieur de richesse ou de misère ?

Notre visite a été planifiée ; nous voilà dans la maison d’une famille d’azéris, qui attend depuis 13 ans de retourner sur ses terres, à 20 kilomètres de là seulement. Une vieille femme m’interpelle : "Les Arméniens ont tué nos maris et nos enfants ! Aidez-nous à retrouver nos terres !. "

Que donner comme espoir à ces gens qui ont tout perdu, et qui affirment attendre depuis si longtemps, qu’ils sont prêts à reprendre les armes ? Comment éviter que la haine, les ressentiments légitimes face à tant de souffrances, ne viennent saper tout espoir de solution dans le conflit du Haut-Karabagh ?
Nous visitons de nouvelles maisons, dans lesquelles vivent aussi des russes -l’histoire du Sud Caucase a mené à un imbroglio de peuples qui, longtemps, ont vécu en paix entre eux comme partout, l’appel à l’aide est le même, qui fait de notre visite un moment particulièrement émouvant. L’attente de ces réfugiés est forte ; nous devrons savoir les écouter, et porter leur appel au plan international.

Si être sur place permet de comprendre la situation de ces réfugiés, et de mieux appréhender la réalité d’un conflit ; notre rôle d’élus doit être, dans ce contexte, d’accompagner et de soutenir les négociations de paix, en particulier celles qui sont en cours dans le cadre du Groupe de Minsk. Alors pourrons-nous revenir vers ces réfugiés, en leur proposant une solution négociée, leur offrant un retour aux terres, dans la sécurité.
LUNDI 18 AVRIL 2005
PREMIERE JOURNEE DU COMITE DE COOPERATION PARLEMENTAIRE

Notre journée de rencontres officielles débute, comme il se doit, par une visite sur la tombe du défunt président Heydar Aliyev -père de l’actuel président Ilham Aliyev. En compagnie de mon homologue azéri, M.Tabrizli, nous déposons une gerbe de fleurs aux pieds d’une immense statue ‡ la gloire du président qui gouverna de manière quasi-continue et d’une main de fer le pays, de 1969 à 2003.
Puis, c’est devant le monument aux morts du conflit du Haut Karabagh, surplombant la baie de Baku, que nous nous recueillons. Le conflit a fait, des deux côtés, près de 20 000 morts.
Lors de la réunion avec les parlementaires azéris, le défunt président Aliyev-pere nous observe
Les réunions officielles débutent enfin par une rencontre dans le bâtiment de la "Milli Meclisi", l’Assemblée azérie, avec son Président, M. Murtuz Alasgarov. C’est une vieille connaissance, lors de mon premier voyage en Azerbaidjan, c’était déjà lui qui nous a accueilli dans la même fonction..
Son discours est clair ; le pays est amputé de 20% de son territoire, supporte près d’un million de réfugiés, l’Arménie est l’agresseur, et même si une solution pacifique est possible et souhaitable, il est essentiel que les Arméniens se retirent des territoires occupÈs. J’appelle pour ma part à une résolution collective de la question, grâce à la diplomatie, j’appelle à soutenir le processus en cours mené par le Groupe de Minsk sous l’égide de l’OSCE et qui est coprésidé par la France, la Russie et les Etats Unis et à préparer les populations à accepter une résolution pacifique du conflit. C’est une nouvelle histoire que l’Azerbaïdjan, comme l’Arménie, doivent pouvoir écrire, pour une paix durable.
La rencontre suivante, avec les ambassadeurs de l’UE, nous permet d’aborder la question du haut Karabagh, et la situation du pays, de manière plus distancière et d’un point de vue extérieur. L’ambassadeur britannique nous dresse d’abord le tableau économique du pays, en particulier sur la question pétrolière. Le nouvel oléoduc Baku-Tbilissi-Ceyhan (Azerbaïdjan-Géorgie-Turquie), promet une rentrée de revenus considérables pour le pays, et, il faut l’espérer, une augmentation du niveau de vie des azéris. C’est pour les pays de l’UE une nouvelle donne importante, qui les pousse à s’impliquer davantage dans la région, afin de ne pas laisser la main aux russes et américains.
Selon un des ambassadeurs, l’Azerbaïdjan aspire à l’intégration européenne, mais il le craint également, d’une certaine manière, plus d’intégration signifie une certaine perte de contrôle du fait du processus de démocratisation -ce que le pouvoir redoute encore.
Par ailleurs, les Azéris sont, d’après un ambassadeur, déçus de l’action de l’UE dans leur pays. L’Europe ne serait que donneuse de leÁons, sans offrir de soutien concret au développement du pays, ou à la résolution effective du conflit sur le Haut-Karabagh.
Enfin, l’ambassadrice italienne, à la chevelure rousse flamboyante, tient à souligner les aspects positifs du pays et de son évolution ; voilà un pays où 3 religions coexistent en paix, même si la grande majorité de la population est musulmane chiite. Et avant de se faire critique, notamment en ce qui concerne la façon dont sont menées les élections, il faut comprendre la société azérie : c’est une société patriarcale, et le chef de famille vote pour la famille entière. Ce qui peut apparaître comme anti-démocratique et frauduleux n’est parfois qu’un simple héritage culturel...
Notre après-midi sera consacrée au Comité de Coopération Parlementaire en tant que tel, dans une salle fastueuse de l’hôtel où nous logeons.
Il est clair que pour les élus azéris comme pour le peuple azéri, la question du Haut Karabagh est essentielle, et extrêmement émotionnelle. La responsabilité des Arméniens est à maintes reprises soulignée, et la libération des territoires occupés devient un préalable à toute résolution du conflit.
Sans rentrer dans les détails, la question des relations entre l’UE et l’Azerbaidjan - Politique de Nouveau Voisinage, Plan d’Action à venir -, celle de la corruption, de la liberté de la presse (récent assassinat d’un journaliste), des réfugiés azéris sont évoqués et le dialogue se fait particulièrement franc.
Le soir, c’est au son de chansons populaires azeries que nous dînons avec nos homologues...
Madame bonjour,
je suis très heureux que vous vous interessiez au sort des réfugiés azéris dans une Europe où malheureusement cette question est mise en sourdine par les organisations lobbyistes arméniennes.
Ces mêmes organisations qui se permettent de revandiquer sans cesse ce qui ne leur appartient pas, et de donner des leçons aux autres mènent toutes sortes de campagnes pour financer cette occuation des terres d’autrui. Je fais allusion aux différentes levées de fond lancées par des associations arméniennes en Europe pour soit disant reconstruire le Haut-Karabagh. N’oublions pas qu’actuellement l’Etat Arménien profite illégalement des ressources naturelles de l’Azerbaïdjan et y installe ses propres colons venus d’Arménie tout en déformant et révisant l’histoire de cetet région et remettant en cause l’existance des Azéris sur ces terres.
Ce Rêve de la Grande Arménie tant convoité par l’extrême-droite arménienne depuis le début du 20ème siècle aura fait couler beaucoup de sang et si peu d’encre....
bien à vous
Oscar Arzoumanian
Vous avez tous compris que le message auquel je réponds n’est pas d’une personne d’origine arménienne comme elle le laisse prétendre par son nom de famille ; il s’agit là d’une preuve éclatante de la mauvaise foi turco-azérie, à laquelle notre chère eurodéputée semble si bien adhérer...
Grégory M., Paris