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Posté le 6 septembre 2007 par Cédric Cabanne (Contacter l'auteur)
Ce ne sont pas les débats en plénière qui font l’actualité. Il faut se pencher du côté de séminaires organisés les participants pour saisir toute l’importance des biocarburants.
Qu’ont de commun les espèces agricoles destinées a l’alimentation et les espèces agricoles destinées a la production d’énergie ?
Le palmier à huile, la betterave sucrière, la canne à sucre, le mais, le blé ont jusqu’ici été sélectionnées pour leurs qualités alimentaires. Dans un contexte de croissance de la demande énergétique, la sélection variétale s’applique désormais à développer les caractères énergétiques des végétaux. Une fois plantées et récoltées, les plantes subissent une transformation qui leur permettra ensuite d’être intégrés aux carburants.
La coopération au développement n’est pas étrangère au phénomène : Un organisme de coopération organise deux séminaires sur des projets pilotes développes en Asie et en Afrique a partir de la culture de jatropha et sur le développement des agro carburants dans les zones de sécheresse.
D’entrée, la problématique est posée ; les agro carburants représentent-ils un espoir ou une promesse vaine ? Les exemples fournis sont intéressants.
Dans le cadre d’un partenariat public-privé, la coopération allemande favorise la culture du jatropha dans une communauté du sud-est de l’Inde, dans l’objectif de produire un carburant qui pourrait être utilise par un constructeur automobile. Non loin des rives du lac Tanganika en Tanzanie, une entreprise européenne spécialisée dans la production d’énergie renouvelable développe un partenariat avec une communauté locale sur plus de 16000 hectares. Dans le sud du Mali, près de Bougouni, une communauté rurale produit du Jatropha sur 433 ha dans un objectif d’autosuffisance énergétique.
Les projets présentés sont parlants. Cependant, certains pointent les limites des démarches entreprises. Un fonctionnaire du ministère de l’environnement de l’Inde explique qu’une loi nationale sur les agro carburants est en cours de préparation. Dans le cas du Jatropha, il est important de préciser que cette plante demande une irrigation importante peu compatible avec des terrains dégradés. En outre, elle impose des niveaux de fertilisation importants et connaît une chute vertigineuse de la productivité dès la deuxième ou troisième génération.
Bref, dans le domaine de l’énergie, on comprend qu’il n’y a pas de plantes miraculeuses. Cette intuition se confirme a l’écoute d’intervenants qui soulignent qu’une évaluation environnementale est impérieuse. En Afrique, on observe que le Jatropha entre en compétition avec les autres végétaux. En outre, le bétail s’éloigne des zones de productions de jatropha. De la à la déclarer insavise ou toxique, il y a des recherches que des agronomes n’hésitent pas a lancer.
Bien sûr, les Nations Unies ne peuvent pas rester insensibles a l’évolution des biocarburants, d’autant plus que de l’Amérique Latine a l’Europe en passant par l’Afrique, les gouvernants subventionnent le développement de ces cultures (environ 3 milliards d’hectares a ce jour !). Une recherche sur l’utilisation durable des agro carburants sera prochainement lancée par l’UNEP et conduite sur la période 2007-2009.
En attendant ses résultats, on ne peut que s’inquiéter de la pression foncière qui s’exerce sur les ressources forestières. De nouvelles terres sont tous les jours défrichées pour assurer coexistence à l’agriculture alimentaire et a l’agriculture énergétique.
Dans la zone de Santa Cruz, en Bolivie, des communautés connaissent la mise en culture d’aires normalement protégées pour la production de soja. Auparavant recouvertes de forets, les terres désormais dénudées menace directement des ressources hydrauliques.